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PROLOGUE: Par un bon feu

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Il porta sa pipe à sa bouche, prit une profonde bouffée, et souffla la fumée doucement. La majeure partie de son visage était cachée sous un vieux capuchon, et derrière lui on ne pouvait voir que l’obscurité. A la faible lueur de sa pipe, il nous était impossible de deviner ses pensées.

Il s’était présenté comme étant barde. Cependant personne ne le crut, sa voix étant épaisse et loqueteuse. De plus, nous soupçonnions qu’il eût menti en nous disant voyager seul dans cette forêt dangereuse.

Cependant, il offrit de nous raconter une histoire si nous partagions notre repas et la chaleur de notre feu. Nous acceptâmes, ne fût-ce que parce que nous ne pouvions pas laisser ce voyageur au froid de la forêt. Nous nous installâmes confortablement devant le feu, tenant nos armes prêtes en cas de danger, et attendîmes le début de son histoire. La nuit devint glacée, sa voix était épaisse et basse, se laissant porter tranquillement à travers la montagne. Mettant de côté sa pipe, il ouvrit la bouche et commença à parler.

 

CHAPITRE 1: La Genèse

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L’histoire que je suis sur le point de vous raconter a trait à ceux que nous appelons Dieux. Écoutez attentivement ceci est l’histoire véridique…

Il y a bien longtemps, en un temps avant l’histoire, il n’y avait qu’un globe sur lequel toute création était mélangée. N’ayant aucun point de comparaison, le globe était grand et petit, ténébreux et lumineux, tout et rien.

Durant cent millions d’années, le globe commença à se développer et deux forces commencèrent à s’y former. Tandis qu’elles grandissaient, les forces développèrent conscience et ego et se distinguèrent en Lumière et Obscurité. La Lumière prit la forme d’une femme et prit pour nom Einhasad. L’Obscurité, elle, prit la forme d’un homme et se choisit le nom de Gran Kain. Ces deux êtres marquèrent le commencement de l’univers entier, et le début de tout ce que nous connaissons aujourd’hui.

Einhasad et Gran Kain mirent leur force en commun pour faire éclater le globe. Ce faisant, le globe fut brisé en myriade de morceaux de toutes sortes. Quelques morceaux s’élevèrent pour devenir le Ciel, d’autres tombèrent pour former la Terre. Entre Ciel et Terre il y eut l’eau, et quelques parties s’élevèrent pour former les Pays.

L’esprit du globe, appelé Ether, fut également brisé lors de la rupture du globe. Ceci transforma les divers animaux et plantes en êtres vivants. Les « créatures de la genèse » furent constituées à partir de cet esprit, et les Géants en étaient la meilleure espèce. Ils furent connus sous le nom des Sages, tant leur intelligence était grande et leurs corps puissants. Les actes d’Einhasad et Gran Kain ayant créé leur vie et leur monde, les Géants promirent de garder foi en eux. Einhasad et Gran Kain, satisfaits des Géants, les nommèrent maîtres de toutes créatures vivantes. Tout ceci se passait avant que Mort et Paradis n’existent.

Einhasad et Gran Kain donnèrent naissance à beaucoup d’enfants dieux. Les cinq premiers furent investis de pouvoirs sur la Terre. La plus âgée des filles, Shilen, eu la responsabilité de l’eau. Le plus âgé des fils, Paagrio, reçu l’autorité sur le feu tandis que la deuxième fille, Maphr, obtint le pouvoir sur la terre. Le deuxième fils, Sayha, devint le maître du vent. Pour la plus jeune, Eva, il n’y eut plus aucun éléments, aussi créa-t-elle la Poésie et la Musique. Tandis que les autres dieux étaient occupés avec leurs responsabilités, Eva écrivait de la poésie et la mettait en musique. C’est ainsi que commença l’Ère des Dieux et il n’existait aucun endroit sur Terre qui ne fut pas connu des Dieux.

 

CHAPITRE 2:   La Création des Races

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Einhasad, déesse de la Création, créa des formes en utilisant son propre esprit. Ses enfants usèrent de leurs propres puissances pour insuffler la vie à ces formes.

Shilen instilla l’esprit de l’eau dans la première forme. C’est ainsi que la race des Elfes fut créee.

Paagrio instilla l’esprit du feu dans la deuxième forme. C’est ainsi que la race des Orcs fut créée.

Maphr instilla l’esprit de la terre dans la troisième forme. C’est ainsi que la race des Nains fut créée.

Sayha instilla l’esprit du vent dans la quatrième forme. C’est ainsi que la race des Arteias fut créée.

Gran Kain était le dieu de la Destruction. Voyant le travail d’Einhasad, il devint curieux et jaloux. Il imita Einhasad et créa une forme à sa propre image. Il alla ensuite voir Shilen, leur fille plus âgée, et lui demanda d’instiller l’esprit de l’eau dans la forme. Shilen en fut très étonnée et dit « Père, pourquoi voulez-vous faire une telle chose ? Einhasad, ma mère, est responsable de la création. Ne convoitez pas ce travail qui n’est pas le vôtre. Une créature qui recevrait la vie du dieu de la Destruction n’apporterait que désastre. »

Mais Gran Kain ne voulait pas laisser tomber. Après moult cajoleries et persuasion, il obtint finalement le consentement de Shilen.

« Très bien, je le ferai. Mais j’ai déjà donné l’esprit de l’eau à ma mère. Ainsi la seule chose que je puis vous donner sont les restes. » Shilen donna l’esprit de l’eau stagnante et putréfiée à Gran Kain. Gran Kain l’accepta avec joie.

Cependant, Gran Kain estimait qu’il n’était pas suffisant de ne donner qu’un seul esprit à sa créature. Il alla donc voir Paagrio, son fils plus âgé. Comme Shilen, Paagrio avertit également son père. Cependant, il ne put dire non à Gran Kain. Ainsi il donna l’esprit du feu mourant à Gran Kain.

Gran Kain l’accepta avec joie.

Les larmes aux yeux, Maphr tenta aussi de supplier son père,  mais finit par lui donner l’esprit de la terre stérile et souillée. Sayha, à son tour, donna à son père l’esprit du vent sauvage et violent.

Satisfait, Gran Kain prit tout ce qu’on lui avait donné et cria « Regardez la créature que je suis en train de faire ! Regardez ceux qui sont nés de l’esprit de l’eau, de l’esprit du feu, de l’esprit de la terre et de l’esprit du vent. Ils seront plus forts et plus sages que les géants ! Ils régneront sur le monde ! »

Interpellant le monde entier avec fierté, Gran Kain instilla les esprits dans les créatures créées à sa propre image. Cependant, le résultat fut terrible. Ses créatures étaient faibles, stupides, laides, et lâches. Tous les autres dieux dédaignèrent les créatures de Gran Kain. Submergé de honte, Gran Kain abandonna ses créatures et alla se cacher pour un temps. Ces créatures furent appelées les humains.

La race des Elfes était sage et savait utiliser la magie. Mais ils étaient moins sages que les Géants. Par conséquent, les géants leur laissèrent le soin de s’occuper de la politique et de la magie.

La race des Orcs était forte. Ils possédaient une force inépuisable et une grande volonté. Cependant, ils n’étaient pas aussi forts que des Géants. Par conséquent, les Géants leur laissèrent s’occuper de la guerre.

La race des Nains était habile. Ils étaient bons ingénieurs, mathématiciens hors pair et excellaient dans la construction. Les Géants leur permirent de s’occuper des banques et de l’artisanat.

La race ailée des Arteias était affectueuse et possédait une curiosité hors du commun. Les Géants voulurent les capturer et les emprisonner. Mais dès qu’un Arteia fut enfermé dans une cage, il perdit rapidement sa force et mourut. Les Géants n’eurent d’autres choix que de permettre aux Arteias de voler librement. Ils visitèrent la ville des Géants pour leur donner des nouvelles des autres régions du monde.

Les humains ne pouvaient rien faire de bien et devinrent ainsi les esclaves des Géants, faisant toutes les sortes de tâches ingrates. La vie des humains n’était pas meilleure que celle des animaux.

 

CHAPITRE 3: La Guerre des Dieux

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Gran Kain était un dieu libre et sans inhibitions. Cependant, il fit une très grande erreur en séduisant Shilen, sa fille la plus âgée. Ils s’aimèrent en secret, jusqu’à ce que Shilen fût enceinte. Quand Einhasad le découvrit, elle devint folle de rage. Destituant sa fille de sa position de Déesse de l’eau, Einhasad banit Shilen du continent. Gran Kain ne dit mot, et Shilen fut livrée seule à son destin.

Shilen se sauva vers l’est. Profondément enfoncée au milieu d’une profonde forêt, elle accoucha, maudissant Einhasad et Gran Kain à chaque douleur du travail. Les bébés nés de cet horrible accouchement portèrent le désespoir et la colère de Shilen et devinrent des démons. Les plus forts d’entre eux furent nommés « Dragons ». Ils furent au nombre de six, portant chacun une malédiction contre chacun des six dieux. Shilen était rempli de colère envers Einhasad, qui l’avait bannie, et Gran Kain, qui l’avait séduite puis abandonnée. Rassemblant ses enfants, elle créa une armée pour punir les dieux.

Les dragons les plus forts se virent donner l’ordre de se tenir en première ligne pour commander l’armée. Entendant cela, Aulakiria, le dragon de la lumière, regarda Shilen, les yeux emplis de larmes et de tristesse. Elle dit : « Mère, vous ne savez pas ce que vous faites. Voulez-vous vraiment la destruction éternelle des dieux ? Voulez-vous vraiment que votre père, votre mère, vos frères et sœurs gisent sur un sol inondé de leur propre sang ? ». Mais Shilen resta sourde à cet appel.

Finalement, les démons envahirent le palais où les dieux vivaient, et une féroce bataille s’engagea. Les six dragons détruisirent la totalité du palais. Même les dieux furent intimidés par la puissance incroyable des dragons. La bataille semblait destinée à être éternelle. Cependant, si la guerre ne s’arrêtait pas, le monde cesserait d’exister, et toutes les choses vivantes seraient annihilées.

De nombreux messagers des dieux et des démons périrent ou disparurent. Il n’y eut pas un seul jour sans tonnerre ni éclairs, car deux armées s’affrontaient violemment dans le ciel. Les Géants et les autres créatures vivantes de la terre tremblaient tandis qu’elles observaient le terrible combat dans le ciel. Cette bataille féroce continua pendant plusieurs années, mais inexorablement l’équilibre bascula vers un côté. Bien que fortement blessés, Einhasad et Gran Kain, parvinrent à détruire beaucoup de démons.

Les dragons continuèrent combat, bien qu’ils furent profondément blessés et couverts de cicatrices. Leur fatigue devint de plus en plus évidente. Au bout d’un moment, il sembla que la guerre se terminerait avec l’extermination de l’armée de Shilen. Enfin, les dragons déployèrent leurs ailes et quittèrent le palais pour s’échapper. Les démons survivants les suivirent. Les dieux voulurent exterminer l’armée qui s’enfuyait. Cependant, leur propres blessures les en empêchèrent, la seule chose qu’ils purent faire fut de regarder les dragons et les démons partir au loin.

Tandis que ses enfants périssaient les uns après les autres, Shilen ne pouvait plus contenir sa tristesse. Elle créa les Enfers et y régna.

 

CHAPITRE 4: La Grande Inondation

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Après le départ de Shilen, Eva hérita de l’autorité pour régner sur l’eau. Mais elle était d’une nature timide et après avoir vécu l’attaque de sa sœur, elle devint encore plus craintive. Afin d’échapper à ses responsabilités, elle creusa un profond tunnel au fond d’un lac et s’y terra.

Sans la déesse pour les guider, les esprits de l’eau n’eurent plus aucune raison de vivre et ont commencèrent à errer sans but. Trop d’eau s’écoulait au même endroit et formait un grand marais, tandis que dans un autre lieu il n’y en avait pas et un désert s’y formait. Plus tard, une partie du continent sombrait soudainement dans l’océan et une nouvelle île jaillissait hors de l’eau comme venue de nulle part. Il plut nuit et jour jusqu’à ce que tout, excepté les cimes des plus hautes montagnes, fut submergé.

Sur les rares morceaux de terre non inondées qui subsistaient, toutes les créatures vivantes s’y était assemblées pour sauver leur vie, mais le Chaos s’installa. Sur le continent et dans l’océan, toutes les créatures vivantes souffraient. Au nom de toutes les créatures vivantes, les Géants prièrent pour que les dieux leur viennent en aide.

Finalement Einhasad et Gran Kain recherchèrent partout la fugitive et finirent par la retrouver. « Eva, regarde ce qui s’est produit parce que tu n’as pas su assumer tes responsabilités. Tu as détruit l’harmonie de ce continent que nous avons créé après tant d’efforts. Je ne tolérerai pas que tu continues ainsi. ». Einhasad était tellement en colère que ses yeux s’illuminaient de flammes.

En raison des inondations, de nombreux géants et créatures vivantes rejoignirent le monde de Shilen. Ce qui rendit Einhasad très envieuse. Tremblante de peur, Eva finit par se rendre auprès de sa mère. Eva reprit donc son règne sur l’eau et les désastres cessèrent. Cependant, le mal était déjà fait et il était impossible de reconstruire le continent dévasté, jonché de ruines.

 

CHAPITRE 5: Le défi des Géants

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Le scepticisme commença à grandir dans le cœur des Géants. Gran Kain avait déjà prouvé sa propre stupidité en créant une créature vivante modeste appelée Humain. En outre, en raison de la conduite obscène de Gran Kain et de la jalousie d’Einhasad, les Enfers ainsi que les démons avaient été créés. En raison de la faiblesse et de l’incompétence d’Eva, le continent avait été dévasté. Le doute commença à s’instiller petit à petit dans l’esprit des Géants. De tels dieux méritaient-ils leur culte?

Les Géants pouvaient construire de leurs propres mains des chariots qui leurs permettraient d’aller et venir librement. Ils pouvaient employer la magie pour soulever une île et pour vivre dans le ciel comme des dieux. Ils pouvaient prolonger leur existence jusqu’à ce qu’elle sembla éternelle. Les Géants crurent dès lors que leur puissance était égale à celle des dieux. Et malgré leur sagesse, ils devinrent arrogants. C’est ainsi que les Géants devinrent des dieux.

Ils commencèrent à faire des expériences en modifiant la matière organique pour créer de nouvelles formes de vie. Les Géants s’aidèrent de la magie pour rendre de tels miracles possibles. Ils l’appelèrent « science ». Rendu fous par cette puissance, les Géants levèrent une immense armée pour lutter contre les dieux, en dépit de l’échec de Shilen, des six dragons, et des nombreux démons.

Les dieux découvrirent ces préparatifs et furent exaspérés. Einhasad, qui avait revendiqué le droit de créer la vie, en resta sans voix. Elle jura finalement de détruire tous les Géants, ainsi que le continent et le monde entier. Gran Kain lui parla pour tenter de la calmer. « Tu es la Mère de la Création, mais la Destruction est de ma responsabilité. Tu sais parfaitement ce qui s’est passé quand moi-même j’ai tenté de créer. Je punirai les géants pour leur conduite arrogante. Cependant, sache que si tu veux toujours détruire le monde entier, je te combattrai de toutes mes forces, sans retenir mes coups. » Gran Kain ne permit jamais la destruction du continent, bien qu’Einhasad en fût considérablement offensée. Comme ils étaient de statut égal, tout combat était inutile.

Einhasad et Gran Kain arrivèrent donc à un compromis. Afin de punir les Géants, elle utiliserait le marteau de Gran Kain – connu sous le nom de Marteau du Désespoir. En raison de sa grande puissance destructrice, même Gran Kain ne l’avait jamais utilisé. De toute sa fureur, Einhasad souleva de marteau au-dessus de sa tête et frappa le centre de la ville des Géants.

 

 

CHAPITRE 6: La Fin d’une Époque

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C’est seulement quand ils virent des flammes rouges tomber du ciel que les Géants se rendirent compte de leur erreur. Ils combinèrent leurs forces pour tenter d’empêcher le marteau d’atteindre son but. Pourtant, malgré leur force, Einhasad était une déesse, et ils ne purent que légèrement dévier la direction du marteau. Il frôla la ville et continua à descendre sur le monde.

Ce fut assez puissant pour détruire la plus grande ville. D’innombrable Géants périrent, tandis d’autres races disparurent. Un grand trou fut laissé dans la terre et d’immenses vagues vinrent le recouvrir. En fin de compte, presque tous les Géants périrent.

Les rares Géants qui survécurent se sauvèrent vers l’Est pour éviter la colère d’Einhasad. Leur route suivit celle qu’avait prise Shilen bien avant. Einhasad continuait de les chasser et brûlait les Géants qu’elle pouvait rattraper avec des éclairs. Les Fugitifs tremblaient de peur et prièrent Gran Kain. « Gran Kain, Gran Kain! Nous réalisons que nous nous sommes fourvoyés. Vous êtes le seul à pouvoir stopper la fureur et la folie d’Einhasad. Empêchez-la de nous détruire, nous qui sommes issus du même endroit que vous, nous qui sommes les créatures les plus sages et les plus fortes de la terre! »

Gran Kain senti soudainement son cœur se remplir de pitié pour ces pauvres créatures et pensa que les Géants avaient assez souffert pour leurs péchés. Il souleva les eaux les plus profondes des mers du sud et bloqua le chemin d’Einhasad. Einhasad cria, « Qu’est-ce que ceci?! Qui ose me barrer le chemin?! Eva, ma fille bien-aimée, débarrasse-moi maintenant de l’eau qui bloque mon chemin, ou soit prête à rejoindre ta sœur aînée! »

Eva craignait Einhasad et lui obéit, elle renvoya immédiatement les eaux à la mer. Einhasad continua donc à pourchasser les Géants, les tuant un par un. Ils pleuraient, continuant à prier Gran Kain. « Gran Kain! Le plus puissant des dieux! Einhasad continue à nous chasser, déterminée à nous exterminer! Nous te prions, nous te supplions, ais pitié de nous et sauve-nous! »

Gran Kain souleva un morceau de terre sur laquelle les Géants se tenaient. Einhasad fut gênée par cette grande falaise et cria d’une voix puissante. « Maphr, ma fille bien-aimée ! Qui ose me barrer le chemin ?! Remets cette terre à sa place maintenant. Ou soit prête à rejoindre ta sœur ! »

Maphr essaya d’affaisser la terre, mais Gran Kain l’en empêcha. « Einhasad, pourquoi n’arrêtes-tu pas ? Toute la terre connait ta colère et tremble devant toi. Les Géants sages mais idiots reconnaissent leur erreur. Vois par toi-même ! Cette race de créatures fières et nobles — qui a régné sur la terre — se cache sur une étroite bande de terre et tremble de peur pendant qu’ils cherchent à t’échapper ! Ils ne peuvent plus défier les dieux. Cet endroit sera éternellement leur prison. Calme ta fureur, ta vengeance est accomplie. »

Einhasad était toujours en colère, mais elle ne pouvait pas agir contre les souhaits de Gran Kain — il possédait la même force qu’elle. Finalement, Einhasad décida que Gran Kain avait raison, il valait mieux laisser les Géants sur leur étroite bande de terre stérile pour qu’ils se repentent de leurs péchés plutôt que de les tuer tous. Elle arrêta de les poursuivre et retourna chez elle.

Suite à ça, Einhasad interféra rarement avec ce qui se passait sur terre, car elle avait été profondément déçue par ses habitants. Gran Kain accepta également de ne pas intervenir. C’est ainsi que l’Âge des Dieux prit fin.

 

CHAPITRE 7: Retour au feu de camp

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L’Etranger fit une pause.

Captivé par le récit, nous n’avions pas bougé d’un pouce durant la narration de l’histoire de notre monde. Sa voix, bien que douce, avait pénétré nos esprits profondément, comme par magie. Le mythe qu’il nous contait était complètement différent de celui que nous connaissions, et pourtant, personne ne protesta. Nous, les guerriers les plus expérimentés de ces terres, attirés par cet étranger, étions à présent nerveux et à cran, voire même quelque peu effrayés par cet homme si simple, au point que nous tressaillîmes tous lorsqu’un hibou prit son envol non loin de nous.

L’Etranger gloussa, puis, portant sa pipe à sa bouche, continua son histoire.

« N’écartez pas trop rapidement mon histoire sous prétexte qu’elle diffère de celle que vous connaissez de nos dieux. Rien ne prouve que vos prêtres soient plus proches de la vérité qu’un poète errant. L’histoire de vos dieux procède de leur volonté et non de celle des humains. Aussi, comment de simples prêtres pourraient-ils connaître la vérité? Maintenant, écoutez-moi, voici l’histoire du monde après la disparition des Dieux, Votre histoire.

 

CHAPITRE 8: Conséquences

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Après la disparition soudaine des Géants, le monde sombra dans une grande agitation. Habitués aux lois des Géants, les Elfes, les Nains et les Humains furent confrontés à la dure réalité d’être livrés à eux-mêmes. Mais le pire de cet effrayant changement, était l’état ravagé dans lequel se trouvait le monde après le passage du Marteau du Désespoir. Beaucoup avaient péri lors du désastre apporté par Einhasad et bien d’autres moururent dans la confusion et le chaos qui suivirent. Les races de ce monde prièrent avec ferveur les dieux afin qu’ils les sauvent, mais les Dieux ne répondirent point.

Responsables de la politique durant l’ère des Géants, les Elfes furent les premiers à reprendre contrôle de la situation. Ils réussirent à unifier les races et continuèrent à vivre. Mais plus le temps passait et plus il devenait clair que les Elfes n’étaient pas aussi compétents que les Géants pour gouverner. Les premiers à se dresser contre les Elfes furent les Orcs.

« Les elfes sont-ils plus forts que nous? NON! Les Elfes ont-ils le droit de nous gouverner? NON! Nous ne pouvons tolérer que de plus faibles que nous osent se dresser au-dessus de nous! »

La force militaire des Orcs était très puissante et les Elfes, ayant vécu en paix tout le temps, ne pouvaient rivaliser avec ces orcs, fiers et sans peur. En un instant, la majorité des Terres devint territoire Orc et les Elfes, relégués dans un coin du continent. Les Elfes cherchèrent alors de l’aide auprès des Nains qui, du haut de leurs richesses et de leurs armes supérieures, pourraient donner une chance de vaincre les Orcs.

 

« Peuple de ce monde », crièrent les Elfes, « Venez-nous en aide, de violentes troupes d’orcs nous persécutent de leur puissance. Venez et combattons ensemble »

Mais les nains leur refusèrent toute aide. A leurs yeux, le monde avait tourné en faveur des orcs et il n’y avait aucune raison pour cette race pragmatique de s’allier avec les faibles. Les Elfes étaient enragés mais ne parvinrent pas à influencer leur décision.

Les Elfes décidèrent alors de chercher de secours auprès de la race du Vent, les Arteias. Leurs talents d’attaques et de reconnaissance aérienne pourraient être d’une aide suffisante pour les Elfes contre les Orcs. Une délégation elfique voyagea au bout du monde pour demander le soutien des Arteias.

« Peuple du vent, aidez-nous! Les Orcs barbares nous oppressent de leur puissance, unissons-nous pour leur démontrer leur bêtise! »

Cependant, comme toujours, les Arteias n’étaient pas intéressés par la politique, ni par les guerres de ce monde. Ils décidèrent de ne prendre aucun parti et se cachèrent encore plus profondément à l’intérieur des terres. Les Elfes étaient désespérés.

« Hélas, personne ne nous aidera! Est-ce la fin de notre espèce? Ces abominables orcs vont-ils donc conquérir toutes ces terres et revendiquer gloire et richesse comme les leurs? »

 

CHAPITRE 9: Une nouvelle alliance

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Éconduits par les pragmatiques nains et neutres Arteias, les Elfes se retrouvèrent seuls pour livrer bataille aux Orcs. Alors qu’ils déploraient leur destin, ils furent surpris par l’apparence d’un étranger se trouvait dans leurs rangs. L’étranger s’agenouilla devant le roi elfe qui, regardant de plus près, s’aperçut que l’étranger était un représentant Humain portant une couronne faite de trois branches.

« Qu’y a t-il chef des humbles humains? » Demanda le roi elfe, « Es-tu venu te repaître de notre malheur? »

L’humain inclina la tête et dit: « Non, nous venons voir si notre piètre force peut vous être d’aucune utilité ».

Les elfes se réjouirent car, même si les humains étaient idiots et faibles, leur grand nombre pouvaient les aider dans leur bataille.

« Cela est très louable de ta part, roi humain, » acquiesça le roi elfe. « Vous avez beau être insignifiants, votre loyauté dévouée et cette volonté de sacrifier vos vies pour nous, sont admirables. Menez cette bataille à la victoire et vous gagnerez le droit de vous dresser juste en dessous des Elfes. »

L’humain s’inclina profondément devant le roi elfe, leva la tête et fit face à son égal elfe. « Noble roi », dit-il, « nous humains, n’avons qu’une seule requête à faire avant de nous battre pour la victoire glorieuse de votre race. Notre force est trop faible, nos dents ne peuvent même pas égratigner la peau des Orcs et nos ongles sont impuissants face à leurs muscles. Ce que nous vous demandons, c’est de nous octroyer le pouvoir de nous dresser contre eux. Enseignez-nous votre science de la magie ».

Cette proposition audacieuse laissa les Elfes furieux et choqués. Enseigner notre magie aux humains?? Jamais! Et ils commencèrent gestes et invocations de sorts pour transformer les humains en tas de cendres, mais Veora, leur chef, intercéda en leur faveur. Elle pensait que cette requête ne représentait pas une menace et devait être honorée. Les humains étaient bien trop faibles et il était douteux qu’ils puissent vaincre les Orcs sans cette aide. Et quand bien même ils réussiraient à apprendre la magie, leurs esprits inférieurs ne pouvaient faire des humains une menace. Elle prit donc une décision qui devait plus tard lui coûter la vie.

Les humains assimilèrent très vite les méandres de la magie, apprenant beaucoup plus vite que ne l’avaient imaginé les elfes. Le corps humain, bien que moins fort que celui des Orcs, s’était renforcé au travers d’un travail constant et de combats au corps à corps. Ils étaient experts de leurs mains et habiles à manier les armes. Mais surtout, bien plus que tout le reste, le nombre d’humain était énorme et impressionnant. En très peu de temps, les humains devinrent une formidable armée.

 

CHAPITRE 10: De l’allié à l’ennemi

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L’alliance Humano-Elfique prit peu à peu le dessus sur les Orcs. Alors que le cours de la bataille tournait en faveur de l’alliance, les Nains retournèrent leur veste et commencèrent à fabriquer de l’équipement de combat pour les humains. Equipés à présent avec de meilleures armures et des armes naines plus précises, les humains pouvaient vaincre l’armée orc sans même l’aide des Elfes.

Les Elfes commencèrent à être inquiets, même si les victoires de l’alliance étaient de plus en plus nombreuses. Ils sentaient que les humains devenaient de plus en plus puissants et échappaient à leur contrôle. Cependant, les Elfes ne se laissèrent pas affecter par ces inquiétudes car ils ne pouvaient imaginer que la race la plus minable – ces rebus humains – puisse fomenter une révolution. De plus, la victoire sur les orcs approchant, ils n’avaient pas le temps de se préoccuper des humains. Les humains quant à eux, continuèrent à apprendre les formes supérieures de magie et finalement, la guerre se clôtura par la victoire de l’alliance Humain/elfe. Les orcs furent contraints de signer un accord de paix humiliant et se retirèrent rapidement dans la sécurité de leurs repaires au Nord d’Elmore.

Alors qu’il partait, le chef Orc ricana: « Stupides Elfes. Cette victoire n’est pas la vôtre mais bien celle des humains. Comment allez-vous contrôler ces monstres que vous avez créés? »

Ces mots amers étaient vrais, les elfes avaient maintenant à faire face à une nouvelle menace – les humains. Mais après cette longue bataille, les elfes étaient trop las et trop faibles pour se battre. A l’opposé, les humains, forts de leurs nouveaux pouvoirs magiques, étaient en pleine forme. Ainsi, les humains se soulevèrent contre les elfes.

Les Elfes réalisèrent bien trop tard qu’ils avaient volé les œufs des dragons. Une féroce bataille magique secoua à nouveau les terres. Mais les Elfes étaient trop faibles pour réprimer les humains. Les Elfes se retrouvèrent progressivement acculés jusqu’à ce qu’ils soient forcés de se retirer dans leurs forêts si sûres. De là, ils préparèrent la confrontation finale avec les humains. La magie elfe était plus forte dans ces forêts et ils cherchèrent à profiter de cet avantage pour obtenir la victoire.

Les Elfes creusèrent de profonds donjons qui se remplirent très vite du bruit métallique des épées qui s’entrechoquent et de cris de guerre. Malgré cela, la victoire ultime, après 3 mois de siège, revint aux humains. Ni la fierté elfe, ni le pouvoir des forêts elfes, ni même la supériorité magique des elfes ne pouvaient venir à bout de cette marée humaine interminable. Les elfes subirent d’énormes dégâts et durent finalement s’échapper au plus profond de leurs forêts. Alors qu’ils se retiraient, ils érigèrent une barrière puissante autour des bois pour empêcher les humains ainsi que les autres races, de passer.

C’est ainsi que les humains conquirent tout le pays.

 

CHAPITRE 11:  Feu de camp

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Une fois son histoire terminée, l’étranger leva la tête.

L’histoire était différente de toutes celles que l’on avait pu entendre jusque-là, et pourtant, elle nous semblait très familière. Les magnifiques jeunes filles elfes qui nous accompagnaient s’assirent, silencieuses, les larmes aux yeux.

Alors que l’étranger parlait, la nuit s’était bien avancée et à présent, nous n’entendions plus nulle part les cris des créatures sauvages. Le bruissement des branches au-dessus de nos têtes avait cessé, et même l’eau qui coulait dans le petit ruisseau non loin de nous semblait douce et muette. Seul le bruit de nos respirations et le crépitement du feu de camp brisaient le silence de la nuit. Autour de nous, on aurait dit que la nature entière retenait son souffle pour écouter attentivement l’histoire qui se racontait près du feu.

L’étranger s’éclaircissant la gorge, recommença son récit. Nous nous penchâmes vers lui…

« Ainsi… n’est-il pas ironique que ce soit finalement les humains, les plus humbles de toutes les créatures, qui en arrivèrent à posséder ces terres? Mais c’était la volonté des hommes, même les dieux n’avaient pas imaginé que les humains pourraient un jour devenir les gouvernants de ce monde »

« A présent, je vais vous conter l’histoire du plus éblouissant royaume humain ayant jamais existé. L’histoire d’humains, marchant sur les pas des Géants »

 

CHAPITRE 12: L’histoire réécrite

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Durant les longues batailles entre les Elfes et les Orcs, les Humains avaient commencé à former de petits royaumes primitifs en leur sein. Le groupe central était composé du clan Athena et d’humains doués pour la magie. Ils protégeaient leur nombre de leur pouvoir, maintenaient l’ordre par des menaces et, parfois, étaient impliqués dans de petites ou grandes batailles.

L’ordre fut vite établi à partir du moment où le chef d’Athena, Shuniman, réunit les régions en ce qui nous connaissons actuellement comme étant Aden et Elmore. Il appela son royaume Elmoreden et s’auto couronna Empereur. La couronne à trois branches qui ornait le front de ses ancêtres devint une couronne en or, scintillante de bijoux. Dans la tradition de ses disciples, il devint presque l’égal d’un dieu.

L’empereur Shuniman était tracassé par la durée de vie des humains. Le fait que Gran Kain, Dieu de la mort et de la destruction, soit leur créateur avait laissé aux humains un complexe d’infériorité. De plus, les légendes selon lesquelles ils furent créés à partir des restes des autres races, étaient profondément humiliantes pour ces nouveaux conquérants. Pour leur nouveau royaume, ils avaient besoin d’un nouveau mythe, une histoire prouvant qu’ils étaient des êtres nobles.

En fin de compte, au travers d’une réforme religieuse de grande envergure, Shuniman fit d’Einhasad la Déesse des humains à la place de Gran Kain. Mythe et histoire furent modifiés, et les pratiquants de magie noire furent persécutés, de même que les adorateurs de Gran Kain. La réforme religieuse s’étendit de génération en génération. Tous les humains finirent par croire qu’Einhasad, la Déesse du Bien, était leur créatrice, et Gran Kain, simplement le Dieu du Mal. Lorsque Gran Kain apprit cela, il rit en guise d’acceptation.

« Même s’ils ne me servent pas je ne serai pas en colère. Cependant, stupides humains…Vous pouvez tout faire pour cacher le ciel de vos mains… croyez-vous vraiment votre prise est assez grande? »

 

CHAPITRE 13: Elmoreden et Perios

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Alors que l’Empereur Shuniman et le royaume d’Elmoreden grandissait et prospérait, outre-mer, la région de Gracia grondait encore de troubles. La géographie de Gracia était variée et dangereuse: malgré les nombreux groupes d’humains se battant pour le contrôle, aucun vrai pouvoir n’avait pu émerger pour unifier le gouvernement. Les petits royaumes marquaient le paysage, proclamant comme leurs, des morceaux de territoires. Ils conduisant de petites escarmouches ou de plus grandes échauffourées dans leur lutte pour le pouvoir.

Le jour vint où la puissante armée d’Elmoreden envahit le pays par le pont marin occidental. Les royaumes de Gracia furent obligés de s’allier dans leur propre défense. La plupart des royautés foncières et autres aristocraties furent anéanties dans ce procédé. L’aristocratie restante devint alors de plus en plus puissante. En fin de compte, l’invasion Elmoredienne fut non seulement repoussée mais elle permit aussi la fondation d’un État unifié de Gracia. Ce royaume fut appelé Perios.

Par la suite, Perios et Elmoreden s’enfermèrent dans une lutte continue pour la domination. Elmoreden, qui avait en le premier établit un royaume uni et possédait une grande puissance militaire, était de loin supérieur. Mais Perios avait certains avantages pour lui: Tout d’abord, la mer qui, séparant les deux royaumes, limitait l’accès aux invasions d’Elmoreden; ensuite, le peuple de Perios possédait de puissantes reliques laissées par les Géants et pouvant être utilisées à leur avantage militaire.

Ainsi, malgré son écrasante puissance, l’armée d’Elmoreden ne put jamais conquérir Perios.

 

CHAPITRE 14: Beleth et la Tour d’Ivoire

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Le royaume d’Elmoreden abritait la Tour d’Ivoire, une institution dans laquelle s’enseignait la magie. Les mages y travaillaient à retrouver, étudier et améliorer la magie des Géants anciens. Les prouesses magiques de ces érudits étaient grandes au point qu’à un moment de l’histoire, leur influence dans le royaume fut presque aussi forte que celle de l’empereur lui-même.

Parmi ceux qui étudiaient à la Tour d’Ivoire, se trouvait Beleth, le plus puissant mage et le plus grand génie jamais porté sur cette terre. Obsédé par la magie des Géants, il parvint à acquérir presque l’ensemble de leurs pouvoirs. Mais le pouvoir des géants était un pouvoir maudit, impropre aux humains, si bien qu’une fois atteint, l’ambition et la soif de contrôle ne firent que grandir. Alarmés, le royaume et les mages de la Tour d’Ivoire combinèrent leurs forces pour se débarrasser de Beleth. Mais ce dernier maîtrisait une force et une puissance extrême dans le domaine des arts noirs.

 

Finalement, les magiciens de la tour d’ivoire utilisèrent les arts interdits de la magie noire pour parvenir à éliminer juste assez de la puissance de Beleth pour parvenir à le piéger et l’enfermer dans un des donjons souterrains de la Tour. Mais malgré tous les chevaliers et magiciens gardant la prison, Beleth réussit à briser le scellé et à s’échapper. Il fuit vers Hellbound Island pour récupérer de sa force et poursuivre ses ambitions de conquête.

 

La magie noire, utilisée pour piéger Beleth eut une autre conséquence durable. Les régions du sud, connues sous le nom de Gludio furent touchées par la magie noire, et beaucoup d’humains périrent lorsque le sort fut jeté. Le royaume imputa la faute à Beleth et répandit l’idée que Beleth était le mal parmi les hommes.

 

CHAPITRE 15: La discorde Elfe

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Un grand changement advint dans les bois elfes à cette période. Ayant perdu le contrôle du continent au profit des humains, les Elfes avaient peu à peu perdu de leur assurance. Ils abandonnèrent complètement leur ambition de gouverner le pays et se satisfirent de leur vie paisible dans les bois.

Un groupe, connu sous le nom des Elfes Bruns, était insatisfait de la complaisance des elfes. Mus par une grande ambition, ils insistaient sur le fait que la bataille contre les humains devait continuer – même si cela signifiait utiliser la magie noire pourtant bannie. Qu’importe, ce courant se heurta violemment à l’opposition des autres Elfes.

C’est à cette période que parmi les Elfes Bruns, apparut un mage Humain qui, s’approchant de leur chef, parla en ces termes:

« Roi des Elfes Bruns – tu recherches le pouvoir. Mais ces faibles Elfes des bois et leurs partisans ont peur que vous atteigniez ce pouvoir que vous méritez. La seule chose qui les préoccupe, c’est de voir si vous allez les attaquer ou si vous allez apporter un plus grand fléau en provoquant les humains. C’est ce genre de pensées lâches qui engendrent la faiblesse actuelle de la race Elfe. »

Le Seigneur des Elfes Bruns répondit avec circonspection:  » Qui es-tu, Mage Humain? Quel objectif poursuis-tu à te jouer de nous? »

« Mon nom est Dasparion et je suis un simple magicien. Mais je possède la force que vous désirez. Je peux vous aider à atteindre vos ambitions et en retour, vous devez me donner ce que je désire. »

« Ce que tu désires? Et qu’est-ce donc? »

« Votre jeunesse. Le secret de la vie éternelle. » Un sourire discret se dessina aux commissures des lèvres de Dasparion. « Bien que je sois spécialisé dans la magie, je reste Humain et ma durée de vie n’atteint même pas cent ans. Alors, Roi des Elfes Bruns, quelle est ta décision? Nous pouvons nous entraider à atteindre nos buts respectifs. »

Séduit par les pouvoirs de la magie noire que possédait Dasparion, les Elfes Bruns acceptèrent sa proposition et apprirent les arts ténébreux sous sa tutelle. Dasparion, en retour, acquis la connaissance de l’immortalité et quitta les bois satisfait.

Apprenant ces évènements, les Elfes bannirent les Elfes Bruns qui avaient abandonné la foi d’Einhasad pour adopter celle de Gran Kain. Une lutte s’ensuivit parmi les Elfes. Les Elfes Bruns, agissant selon le complot de Dasparion, usèrent d’un sort mortel qui annihila les Elfes des Bois. Mais ces derniers, dans un souffle mourant, lancèrent une malédiction sur les Elfes Bruns. La malédiction pourrit les bois des Elfes Bruns et ils devinrent une race des Ténèbres. Par la suite, ils furent connus sous le nom d’Elfes Noirs.

 

CHAPITRE 16: La fin de l’Age d’or

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L’age d’or d’Elmoreden arriva à peu près 1000 ans après son établissement, durant le règne de l’Empereur Baium. Pourvu d’un grand charisme et de qualités de leader, Baium créa l’armée la plus puissante de l’histoire du royaume. L’armée accula les orcs qui avaient une influence considérable du nord d’Elmore jusque dans les bois sombres que l’on connaîtra plus tard sous le nom de Royaume Orc. De plus, l’armée de Baium mena diverses attaques sur le royaume de Perios pour finalement occuper le sud de Gracia.

 

Dans les dernières années de sa vie, Baium perdit son intérêt pour les conquêtes et usa des forces de son Royaume pour commencer la construction d’une tour s’élevant dans les nuages.

« Mon nom a inspiré la peur aux quatre coins du continent. Des dizaines de milliers de vies peuvent être sauvées ou perdues par un simple geste de ma main. Mon pouvoir est absolu. Savoir que je ne peux avoir ce pouvoir que pour quelques décennies, je ne peux le supporter! J’obtiendrai la vie éternelle des dieux et gouvernerai mon royaume pour toujours! »

La construction de la superbe tour de Baium prit 30 années. Il voulait utiliser la tour pour grimper jusqu’à la résidence des dieux et obtenir le secret de la vie éternelle. Lorsqu’il escalada la tour, les dieux refusèrent ses intentions et lui donnèrent la réponse suivante:

« Enfant des bas humains et humble humain toi-même: Tu oses souiller notre demeure pour ta propre vie éternelle? N’avez-vous tiré aucune leçon des Géants? Très bien, si c’est la vie éternelle que tu désires, nous allons accéder à ta requête. Mais tu ne quitteras plus jamais cette tour. »

Ayant attiré la fureur des dieux sur lui, Baium se retrouva prisonnier au sommet de sa tour pour l’éternité. Après la disparition soudaine de l’empereur, une compétition féroce éclata au sein des membres de la famille royale, chacun ayant des vues sur l’accès au trône. De nombreux aristocrates saisirent aussi cette opportunité pour mettre avant leur prétention au trône, plongeant le royaume d’Elmoreden dans un conflit interne. La construction de la tour ayant nécessité beaucoup de dépenses et de travailleurs, le royaume était déjà affaibli. Conflit et médisance à propos du trône vacant donnèrent le coup final. Le royaume flamboyant d’Elmoreden, celui qui fut le plus puissant sur le continent pendant plus de 1000 ans, entama un rapide déclin. Ce fut la pagaille dans le royaume pendant plus de 20 ans

 

CHAPITRE 17: Feu de camp

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L’histoire, obtenue contre un dîner et un feu, continuait de prendre une tournure déplaisante. Nous ne savions pas l’identité de cet étranger, ni pourquoi il nous racontait ces histoires. Pourtant, nous écoutions, captivés et incapable de regarder ailleurs ou de bouger, comme si une force invisible nous clouait à nos sièges.

L’homme agissant comme si nous n’étions pas là. Il prit brindilles et petits bois secs qui traînaient autour de ses pieds et les lança dans le feu mourant. Les flammes qui étaient en train de s’éteindre peu à peu, reprirent vie. L’homme ne jeta même pas un regard dans notre direction et recommença à parler.

« Mon conte touche bientôt à sa fin. L’histoire que je vais vous raconter est maintenant familière – c’est celle de la lutte des Hommes qui continue encore à ce jour. C’est l’histoire du continent après la chute d’Elmoreden. »

 

CHAPITRE 18: La lutte pour le continent

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La chute d’Elmoreden avait contribué à ralentir celle de Perios. Mais rien ne pouvait empêcher l’arrivée de fléaux venant des régions de Gracia, jusqu’au sud, ni encore le froid nordique dévastateur qui balayait tout. Comme Elmoreden avant lui, le Royaume de Perios disparu dans les poussiéreux livres d’histoire.

Après la chute de ces deux grands Royaumes de jadis, le pays s’empêtra dans un horrible tourment, évoquant les suites du Grand Désastre. Les aristocrates humains luttaient l’un contre l’autre pour la suprématie et certains allèrent jusqu’à offrir des terres à des non-humains en échanges d’un pouvoir militaire. Les orcs saisirent cette opportunité et, s’imposant, déployèrent leur force. Réorganisant leurs armées, les orcs firent campagne pour dominer le continent. Leurs armées étaient puissantes et ils occupèrent très vite les régions du Nord d’Elmore, mais les luttes intestines entre la noblesse orc et les roturiers affaiblissaient leur pouvoir.

Au milieu de ces conflits, les Elfes ne pouvaient rien faire d’autre que se battre pour leurs propres vies dans la bataille sans fin qui les opposaient à leurs frères ténébreux. Quant aux Nains, ils n’étaient pas de taille à lutter contre une armée orc déchaînée, et furent aisément écartés.

A cette époque émergea une faction humaine dominante, connue sous le nom de Royaume d’Elmore. L’affirmation, vraie ou fausse, selon laquelle ils étaient les descendants directs de l’Empereur d’Elmoreden, fut largement acceptée car ils possédaient armes et puissance à l’appui de leur vérité. L’armée Elmore se heurta à l’armée orc au fil de nombreuses batailles terrifiantes. La guerre fit rage pendant de nombreuses années, coûtant très cher aux deux factions. Leurs armées s’égalaient, bien que les humains surpassassent en nombre leurs ennemis, la force absolue de la puissante armée orc en faisait une ennemie redoutable. Malgré tout, les orcs, sévèrement vaincus à la fin, furent ramenés dans leurs terres à nouveau, à attendre leur heure et ruminer leur vengeance. Quant aux rares nains qui restaient encore, les humains les bannirent du continent pour les profondeurs des montagnes.

L’armée Elmore, diminuée militairement, avait finalement obtenu le contrôle des terres du nord et marchait au sud afin de réunir le continent sous le drapeau d’Elmore. Mais la réunification ne devait pas avoir lieu. Oren, le plus puissent des Royaumes du sud, repoussa l’armée envahissante à l’aide de puissants magiciens et de soldats très entraînés, et Elmore ne put jamais égaler cette armée prête à défendre ses terres.

Les divers Royaumes du sud prospérèrent sous la protection d’Oren et ensemble, commencèrent à prendre la forme d’une nation. Ces Royaumes maintinrent un équilibre en leur sein, et devinrent forts et prospères.

 

CHAPITRE 19: La naissance de deux Royaumes

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Les nombreuses guerres s’étalèrent durant plusieurs générations et, seul en dehors de ce chaos, Gracia fut le premier à construire les bases d’une union. Un homme appelé Paris, par une force incroyable et des prouesses militaires, apporta la gloire à son peuple en gagnant de nombreuses batailles et autres revendications de territoires au nom de Beheim.

Paris atteignit le statut de légende lorsque lui et son armée repoussèrent les brutes montagnardes de Quaser. Dans une attaque désespérée contre Tor, le guerrier le plus puissant de Quaser, Paris lui infligea un coup fatal. N’ayant jamais perdu de combat auparavant, la légende raconte que Tor, blessé, proféra: « Es-tu vraiment Humain? Une telle force, une telle vitesse! ». Debout devant son adversaire, Paris parcouru des yeux le champ de bataille et répondit: « Je désire tellement unifier ces terres… Brave guerrier du Nord, accorde-moi ta loyauté, et ensemble, nous conquérrons tous ceux qui s’opposeront à nous. »

Ainsi Paris mena les Chevaliers du Faucon Blanc, les Chevaliers du vent et depuis, les nouveaux allies montagnards à travers les terres de Gracia et remporta de nombreuses victoires militaires. Les terres de Beheim étendirent leurs frontières jusqu’à 5 fois les tailles originelles et quant à Paris, il organisa un soulèvement contre la royauté et monta sur le trône.

Pendant ce temps, les terres du sud bouillaient d’activité et plusieurs s’inquiétaient des nouvelles de Gracia et Elmore. Un chef charismatique nommé Raoul émergea et mena sa propre campagne pour réunir une puissance personnelle sous sa bannière. Orateur fougueux, Raoul défit ceux qui s’opposaient à lui, non avec des armes mais avec des mots. Un de ses discours se déroulait habituellement de cette façon:

« Seigneurs de ces terres! Ne voyez-vous pas ce qui se passe au-delà de nos frontières? De redoutables ennemis marchent sur nous pendant que nous parlons! Le Royaume d’Elmore recherche depuis longtemps nos richesses et nos terres et n’attend que le bon moment pour frapper. Si la région de Gracia outre-mer décidait aussi de bouger, nous serions dépassés. Il n’y a aucune autre option que celle de joindre nos armées sous un seul et même drapeau, et de nous préparer à la guerre. »

Raoul joua de persuasion pour lier ensemble les terres du sud. Mais la menace perceptible du Royaume d’Elmore n’était pas aussi grande qu’elle en avait l’air. Il était bien trop occupé avec les soulèvements orcs pour porter attention à Aden.

Néanmoins, Raoul commença par unir ses forces à celles de son allié Inadril, et ensemble, créèrent le Royaume d’Aden. Contrairement à Paris, Raoul mena une campagne sans verser de sang et progressa facilement vers l’ouest pour finalement conquérir Kiran et Dion.

C’est à Oren que Raoul rencontra sa première résistance. Oren se déclarait maître des terres du Sud et n’acceptaient pas d’autres leaders que les leurs. Finalement, les deux royaumes en vinrent quand même aux armes, mais Aden manœuvra une victoire remarquable. Le Royaume de Gludio, témoin de la puissance de l’armée d’Aden, choisit de s’allier volontairement à Aden, complétant ainsi l’unification d’Aden. Par la suite, Raoul fut connu sous le nom de Roi Unificateur.

CHAPITRE 20: Les héritiers du pays

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Juste après l’unification d’Aden, Gracia consolida ses propres terres lorsque le dernier bastion d’opposition, les Hwuh, tomba aux mains de Paris. Paris déménagea la capitale à Arpenino et réorganisa la structure du Royaume.

Grâce à sa défense réussie contre l’avance d’Elmore, Aden était devenue une force avec laquelle il fallait dorénavant compter. Cependant, une nouvelle page fut tournée dans son histoire lorsqu’Aden fut frappé par la tragédie de la mort soudaine de Raoul. Sentant le moment de frapper, Elmore envahit de manière répétée les terres du nord d’Aden. Le successeur de Raoul, Trabis, était capable de repousser les envahisseurs, mais il décéda rapidement d’une maladie mystérieuse. Le prétendant suivant au trône était un jeune garçon de seize ans appelé Amadeo.

Apprenant cette nouvelle, Paris s’exclama: « Les cieux sont en train d’aider le Royaume de Gracia! Un roi de seize ans? Ce sera la chute du Royaume d’Aden! »

Mais Paris avait gravement sous-estimé le jeune Amadeo. L’enfant-roi réussit à défendre brillamment une attaque d’Elmore de grande envergure et Paris sentit que l’opportunité de conquérir Aden s’évanouissait. Ignorant le conseil de tous, même celui de son bras droit Dillios, Paris lança une attaque massive contre Aden, par mer et par terre.

Le résultat fut désastreux.

Asteir, le roi évincé d’Elmore, avait joint ses forces à celles d’Aden, pourtant ennemi de longue date de son père.

« N’as-tu point honte? Tu devrais mourir sous ta propre épée pour oser te tenir aux côtés de l’ennemi juré de ton père! » Cria Paris en colère.

Asteir balaya l’argument et répondit: « Je peux m’occuper du gosse plus tard, mais pour l’instant, c’est toi ma proie principale »

La bataille de Kiran fut le tournant de la guerre, et les troupes Graciennes, battues et démoralisées, se retirèrent au fond leurs terres. L’invasion ratée d’Aden laissa une blessure béante dans l’ego de Paris, car il n’avait jamais connu la défaite. En fin de compte, Paris tomba malade et mourut peu de temps après.

L’héritier de Gracia était un homme frêle appelé Carnaria, que beaucoup jugeaient incapable de gouverner le royaume. En opposition, Cucarus contesta la prétention de Carnaria au trône. Soutenu par Dillios, le conseiller de confiance de Paris, Cucarus gagna de la popularité auprès du peuple de Gracia, et lui et Carnaria divisèrent le royaume en deux factions. Le nord et le sud de Gracia devinrent des ennemis jurés et leur lutte consuma toute leur énergie.

Ce fut la meilleure des nouvelles pour Amadéo qui il usa de ce répit pour renforcer le royaume d’Aden. Au travers de ses efforts, Aden, Elmore et Gracia signèrent un accord de paix et une ère de paix difficile commença enfin.

 

  EPILOGUE: Epilogue

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Alors que l’homme finissait son histoire, la lumière avait commencé à percer dans le ciel sombre. La longue nuit était passée et l’aube pointait. Il ne restait du feu que des cendres fumantes. Le conteur alluma sa pipe à nouveau et prit une bouf

« Mon histoire se termine pour l’instant. Mais peut-être va-t-elle se poursuivre avec le temps? Qui sait, peut-être qu’un jour vos noms apparaîtront dans mon histoire? »

La lumière matinale grandissait et je pouvais sentir l’urgence; que j’étais en train de rater un évènement important. Je dus faire un effort pour retrouver ma voix et oser demander: « Qui êtes-vous? Pourquoi nous racontez-vous ces histoires et comment les connaissez-vous? »

L’homme se mit sur ses pieds sans un mot. Et alors qu’il se levait, il grandit à vue d’œil! Il semblait être un homme normal lorsqu’il était assis, mais à présent, il était gigantesque, près de vingt pieds de haut – projetant une ombre sur la totalité de notre groupe. Ses traits restaient imperceptibles sous sa capuche. Puis doucement, subtilement, il commença à disparaître! Au début cela semblait être une dissipation des contours et puis soudainement, en un coup de vent, il avait disparu comme de la poussière.

Bien qu’il ne nous ait rien dit à ce moment-là, je pense maintenant savoir qui il était. Se distinguer en racontant des histoires aux races du monde, c’était exactement le genre d’acte pouvait séduire quelqu’un qui aurait existé depuis le début du monde. Peut-être même celui qui aurait créé l’humanité?

Chapitre 1: Présages de guerre -la bataille de Giran

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par Etudiant d’Hardin et scripte de Desperion, Hindemith, Ordre de l’Empire, 1640 (meme personne et meme année que le prélude)

Grace aux effors du Cardinal Seresin, il semble qu’un semblant de confiance s’instaure entre les races. Tout le monde est conscient de de l’imminence d’une crise.
Une guerre allait éclater, mais elle n’arriva la ou on ne l’attendait pas, au coeur du royaume humain d’Aden.
L’histoire se répète inlassablement on dirait. Les humains semblent avoir besoin d’ennemis comme de l’air qu’ils respirent. Ils s’en créer parmis eux si ils n’en trouvent pas en face d’eux. Dasparion disait « Puisque les Hommes sont nés du refus des Dieux, ils sont naturellement sales… » Depuis que j’ai appris le désastre de Giran, ses paroles resonnent avec une sagesse perverse à mes oreilles.

Une fois l’ambassdeur Elfe arrivé au chateau d’Aden, les choses s’emaballèrent. Le duc Lewin Waldner, qui dirigeait Gludio, fut chassé de ses terres. De meme à Dion, ou le Duc Ashton du abdiquer et fuir vers Aden. Le roi Amadéo ne réussi pas à venir le secourir, ses troupes s’étant faites bloquées par des Ol Mahum. La loi du royaume était ainsi: qui prenait possession du chateau devenait le seigneur légitime. Cela pouvait causer un manque de stabilité dangereux pour le royaume.

Petit à petit, le destin prenait le chemin du chaos. Une bataille importante éclata dans la partie la plus riche du royaume, Giran. Etrange que le baron de Giran, Carmon Esthus, planifie une excursion dans l’antre d’Antharas alors que ses voisins se faisaient mettre à bas de leur trone. Etrange aussi qu’on ne retrouve pas de guerriers survivants des batailles. Etrange encore que le baron ait confier son chateau à une jeune princesse inconnue, Leona Blackbird, pendant qu’il était on ne sait ou.

Pourquoi tant de combats , pourquoi cette ambiance étrange, ou tous semblaient se délecter de ces guerres continuelles? Leona, ou Seighardt le mercenaire venu d’Elmore, pensaient comme beaucoup d’autres que la raison était les Présages de Guerres.

Chapitre 2: Présages de Guerre – Erica

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C’était une chaude journée d’été. Les eaux des douves du chateau scintillaient au soleil, mais au loin les nuages noirs annoncaient de fortes pluies. Les 2 armées attendaient le début de la bataille.

Graham, avait l’apparence d’un vieil homme portant des habits couteux. Il représentait le seigneur du chateau à la façon d’un commerçant qui visite un palace. En arrivant devant la tente, Sir Graham ajusta sa cape en maugérant contre le puissant vent d’ouest.
Au contaire Erica Ken Weber libéra ses cheveux pour qu’ils volent au vent. Sa nervosité avant le combat était exacerbée par la mauvais humeur de Graham.
Les drapeaux du clan claquaient dans le vent. Sur le coté, des mercenaires répartissaient le matériel, distribuant des flèches.

« Grace à la bonne volonté du seigneur et a de grands investissements, nous ne serons pas à court de matériel. Si seulement les gens comme vous, mercenaires, pouvaient gérer aussi bien toutes les autres affaires… Ou ces combattants de seconde classe… »

Graham se moucha, promenant son regard désagréable sur le campement. Un autre clan destiné à siéger se préparait calmement au combat. Un groupe de 30 Elfes Noirs équipés de longues épées polies et d’armures de mithril s’organisait sous un drapeau noir marqué d’un loup rouge. Au premier plan, une Elfe noir à la chevelure argentée dirigeait le groupe.

« Pas la peine de vous inquiéter. Ce sont les mercenaires de la Fraternité du Loup Rouge. On dit qu’ils ont récemment tenue tête à un groupe de chevaliers Griffons de grande valeur, lors d’une bataille de clans. »
« Oh… Voila qui est impressionnant » répliqua Graham avec un regard malséant.
« On dit aussi qu’ils n’ont ni fierté ni compassion, mais la mauvaise réputation de se facher rapidement et d’abandonner ceux qui les emploient. Il y a quelques temps, quelq’un d’une guilde commerciale a tenté de les engager et a eu la langue coupée. Il sans doute dit quelque chose de déplacé. »
La femelle Elfe Noire dirigea son regard vers Erica comme si elle avait senti qu’elle était observée. En un geste délibéré, Erica plaça sa main droite à gauche sur sa poitrine, et s’inclina en signe de salut. Sir Graham détourna rapidement la tête.
« En voila assez pour l’inspection, nous devrions retourner voir Sir Seighardt »
« Comme vous le souhaitez, mon seigneur. »

Avant qu’elle ait pu achever sa réponse, Graham lui avait déja tourné le dos, se précipitant vers le commandement du camp mercenaire. Erica sourit.

Parmis les différentes guildes naines, La guilde de l’Enclume noire (Black Anvil) était connue pour concevoir et employer des machines étranges. La rumeur disait que la guilde avait participé à la grande tragédie qui avait eu lieu dans le duché de Dion, quand le Core de la tour de Cruma fut ressuscité.
« Très bien, comme vous voulez. Je n’ai pas de remarques à faire sur le reste. » dit une voix masculine.
Sieghardt leva ses mains, et les 3 Nains en face de lui présentèrent les paumes de leurs mains à leur tour. Sur le dos de leurs mains on pouvait voir un tatouage noir en forme d’Enclume. Ils bougeaient leurs courtes jambes tout en parlant, et Sieghardt hochait de la tête de temps en temps en réponse aux explications des Nains. Finalement, leur chef serra la main de Seighardt et les Nains s’éloignèrent bruyamment. Erica toussota et parla en haussant volontairement un peu la voix.
« Nous sommes en avance, mais Sir Graham pense que l’inspection est terminée, Général. »
Seighardt paru surpris mais Graham hocha la tête en signe d’aprobation.
« J’en ai vu assez de vos magnifiques troupes, Sir Seighardt. J’ai hate de voir le résultat de la bataille. Mais…. »
Graham fit une pause et regarda en direction d’Erica. Elle ascqueca doucement « Je vais me retirer un moment ».
« Non, intervint Seighardt, C’est bon, c’est un serviteur de confiance. »
« Dans ce cas… » Graham ouvrit la bouche pour parler mais héista encore. « Comment pouvez-vous faire confiance aux Nains? »
Un sourir éclaira lentement le visage de Seighardt.
« Je ne n’ai jamais été dépendant des nains auparavant, mais cela aurait été une offense de ne pas les accepter, au vu de l’honneteté dont ils ont toujours fait preuve envers moi. »
Apparament satisfait, Graham partis dans faire d’autre remarque, laissant seuls Seighardt et Erica.
« Cela ne me dérangeait pas de sortir Général. Mais je suis reconaissante de vos paroles concernant ma fiabilité. »
« Nous aurons à parler de bien des choses durant la bataille, mais c’est plus simple de ne pas avoir à tout répéter. » Il ajouta, comme si il venait d’y penser soudainement:  » Les choses sont vraiment en avance sur les prévisions. Vous avez fait du bon travail en tout point. »
Erica passa la main dans ses cheveux, en signe de modestie.
Elle avait envie de poser des questions au sujet des nains, mais décida de ne pas le faire, pensant que Seighardt lui en dirait bientot suffisament. Il planifiait toujours ses stratégies lui-même, et donnait ensuite à ses subalternes juste les instructions nécessaires pour ce qui devait être fait. Elle avait été surprise plusieurs fois dans le passé, mais s’était habituée à ces ordres inatendus.

L’elfe noire qui dirigeait les Loup Rouges les attendait losqu’ils sortirent deu camp. Elle s’approcha de Seighardt et tendit la main. Il déposa un léger baiser sur la main gantée de cuir sekeman, puis prononca quels compliments. Il utilisait le langage des Elfes noirs, qu’Erica connaissait mal. L’Elfe Noire eut un sourir peu naturel mais ne dit mot, et retourna au campement où les autres races étaient réunies. Elle semblait apprécier Seighardt.

Les mercenaires défenseurs étaient déployés sur les murs du chateau. Elle protégea son regard du soleil et les inspecta avec soin. Elle voyait de nombreux Elfes à la stature fine, et la peau couleur de perle qu’envient tant les femmes Ruhn. Des mages en robe d’un blanc immaculé se tenaient un peu plus loin, leur baton à la main.
« Il y a plus de 20 archers en face de nous. Nous devons être préparés à beaucoup de pertes quand nous attaquerons les portes du chateau. »
« Ne vous inquietez pas Erica, répondit Graham avec une voix confiante. C’est l’essentiel de leurs forces. Et vous pouvez être sure qu’ils n’ont pas tenu grand chose d’autre que des outils de fermes avant de venir ici. Leurs arcs ne peuvent pas cacher leur infériorité numérique. »
Silencieux, Sieghardt scrutait les forces réparties sur l’enceinte du chateau et s’autorisa un sourire
« Lionna est plutot douée ».

Erica n’avait pris connaissance de ce nom que récemment. Quand elle appris que la responsabilité de la défense du territoire avait été confiée par le chef de Giran à une fille d’à peine 20 ans, elle avait eu un éclat de rire incrédule.
Bien que Lionna Blackbird ait commandé avec succès dans d’autres affrontements, Seighardt et Erica avaient vaincu des ennemis bien plus formidables qu’elle. Cependant, ils s’inquietaient de la rumeur qui disait que Lionna avait reçue une protection divine de la part du dragon du feu, Valakas.
Erica chassa ces rumeurs de son esprit. Peut-etre qu’elle connaissait trop bien l’histoire. Indifférent, son général debout devant elle pouvait tuer un adversaire tout en riant. Elle ne savait pas à quoi il pensait; seulement qu’il gagnerait. Elle lui ferait confiance pour la bataille et se concentrerait sur la tache dont elle était chargée.

Brutalement, les soldats de garde furent sur le qui-vive. Plusieurs pointèrent du doigt l’entrée du chateau, avec incrédulité. Avec un bruit strident, les portes s’ouvrirent et un Elfe apparu, portant une cote de maille elfique sur sa peau de porcelaine. Chaussé de bottes de platine et portant une épée longue au coté, il leva sa main libre en un geste de paix.

L’Elfe traversa le pont surplombant les douves et se dirigea vers Seighardt et Erica d’un pas prudent et agile. Il s’inclina courtoisement devant Seighardt comme si il était le leader des attaquants. Seighardt eut un signe de tête mais l’Elfe se redressa et parla d’une vois élégante :
« Ceci est un message de Lionna Blackbird, qui représente le seigneur responsable de la défense de Giran. »
Il tira un parchemin de sa ceinture et le déroula des 2 mains.

« Brave commandants et soldats. Je loue de tout mon coeur votre dignité et votre obéissance. en tant que défenseur du chateau de Giran, je vous implore de déposer vos armes et de partir comme vous étiez venus. Le propriétaire de ce chateau a été désigné il y a bien longtemps, et il n’y a aucune raison à ce qu’il change. Quoi que vous vouliez, vous ne l’obtiendrez pas par la force militaire. Cette déclaration est aussi un avertissement : si vous persistez dans votre attaque imprudente, vous connaitrez un destin tragique. Au nom de Lionna Blackbird, Commendante de la défense du chateau de Giran. Rien à ajouter. »

La face grimaçante de Graham contrastait avec le rire clair de Seighardt.
L’Elfe avait achevé sa lecture sans aucune expression. Comme toutes les autres tribues de la forêt qu’Erica connaissait, cet Elfe ne laissait aucune émotion filter sur son visage. En attendant la réponse de Seighardt, il restait simplement là sans ciller. Seighardt s’éclaircit la voix et répondit en levant le ton :
« Va dire à cette jeune femme que tu considère comme ta chef que je causerais peu de dérangement si elle se retire gentiement du chateau. C’est tout !  » Des rires fusèrent de tout le camp des attaquants en entendant le cri de Seighadrt. Cependant, l’Elfe répondit sans hésitation ni même nervosité : « J’en déduis que vous rejetez la demande de Dame Lionna. Je me retire. »
L’Elfe retourna rapidement à la porte du chateau, montrant son dos sans défense.

Erica vint se placer à côté de Seighardt.
« Si vous essayez de les mettre en colère, pourquoi ne pas plutot lui avoir coupé la gorge avant de le renvoyer? »
« Quelle colère? Ce sont juste les formalités d’une bataille de siège. »
« Vraiment? Il y a donc des principes à suivre, même avec cette Lionna? »
Seighardt aquiesca.
« C’est une règle. Ils doivent proteger le chateau. Nous voulont l’envahir. Nous exprimons notre intention, le lieu et l’heure. Ils nous proposent une redition. Ceux qui ne respectent pas ce déroulement ne seront jamais reconnus par le chateau. »
« Mais cela ne donne pas un avantage au camp des défenseurs? »
Erica hésita mais Seighardt rit d’un air entendu. De quelque manière qu’elle envisage la bataille d’aujourd’hui, elle ne pouvait pas trouver de raison à une défaite de leur part. Erica soupira et s’étira.

Soudain, un vent humide venant des montagnes du nord se leva.

Chapitre 3: Présage de guerre -Lionna-

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Lionna guettait le retour de Vellion du haut des remparts du chateau de Giran.
Le chevalier elfe revint rapidement et lui fit son rapport.
« Le leader ennemi a rejeté votre requête. »
Elle s’y attendait. Elle lut sur le visage de Vellion un léger signe de contrariété, et elle espéra qu’il ne s’était pas fait insulté par l’ennemi. Elle reporta son regard sur les troupes adverses à leurs pieds.
« Alors nous aurons à combattre. Merci de tes efforts, Vellion ».
Le chevalier inclina poliment la tête en guise de réponse.

Elle reparla avec lui une dernière fois de leur plan de bataille. Vellion était chargé des fantassins. Ils seraient leur dernier rempart si les troupes franchissaient la première muraille.
« Je ferais de mon mieux, dit Vellion. Pour le reste, je m’en remets aux dieux »
« Que la bénédiction des étoiles vous accompagne toujours » répondit Lionna, utilisant une phrase elfe traditionnelle.
L’elfe tourna le dos et descendit les marches gracieusement, disparaissant de sa vue. Lionna soupira encore, plus profondément.

Il restait moins de la moitié des forces à l’intérieur du chateau. Même Cardia des Hestui et les autres sur qui Lionna pouvait toujours compter n’étaient pas là. L’ennemi était arrivé si vite… Peut-être y avait-il des espions dans ses murs ? Mais alors à qui faire confiance ? Elle se senti un instant submergée par toutes sortes de doutes. Sa charge pesait sur ses jeunes épaules et la tourmentait. La colère monta en elle, et elle serra les poings à en faire blanchir les jointures.

« Je suis prêt à aider à la défense du chateau Dame Lionna. » fit une voix qu’elle n’avait plus entendu depuis longtemps. C’était Ellik, un ami de longue date. Il avait traversé la moitié du royaume, notamment les duchés de Gludio et Dion, pour venir. Lionna voulu demander des nouvelles du duc de Gludio, Waldner, mais Ellik ne pu lui en donner. Puis, ils parlèrent stratégie. Ils n’étaient pas assez nombreux pour défendre correctement le chateau. Elle refoula ses larmes, et écouta les précieux conseils de son ami pour faire au mieux avec leurs maigres moyens. Il confirma qu’elle avait fait les bons choix pour positionner ses troupes.

Elle jeta un dernier coup d’oeil au campement adverse. Un drapeau montrant une tête de mouton doré sur un fond noir claquait au vent.
« C’est là que se tient le chef ennemi ».
Elle secoua la tete. L’armée adverse agissait de façon anormale. Il allait y avoir tant de morts…
« Ellik, nous devons trouver un moyen de gagner »
Ellik posa son regard sur Lionna, cette fille humaine qui avait à peine un dixième de son âge à lui.
« Je suis à vos coté, Lionna »
La jeune femme se tourna résolument vers son armée et donna ses derniers ordres sur la disposition des soldats.

Un peu plus tard, alors qu’elle s’occupait des fantassins en charge de la défense de la cour intérieure, Ellik lui amena une femelle elfe. Lionna nota ses longs cheveux dorés et ses traits fins. Elle portait au cou une amulette d’Eva la déesse du lac. Nombres de soldats étaient bouche bée devant la superbe elfe comme si ils n’en avaient jamais vue.
« Voici Luellin, l’oracle que j’ai envoyé chercher. »
Lionna voyait qu’il s’agissait d’une elfe agée, sans doute très haut placée parmi les siens. La jeune humaine se sentit intimidée.
Grâce à cet oracle, les archers et les fantassins bénéficieraient d’une meilleur protection. Elle l’assigna à la garnison dirigée par Vellion.
Tout était prêt ou presque. Lionna voulait rester au front avec ses hommes, mais Ellik, sortant de sa réserve habituelle, insista fermement pour qu’elle se mette à l’abri. Comme tous les elfes, il n’était pas à l’aise dans ces batailles au grand jour, et se méfiait de ce genre de mêlées, ou des personnes de grande valeur comme la jeune femme pouvaient mourrir de façon stupide. Lionna du se plier à sa volonté.

Une corne de brume retenti au loin. Le son grave et vibrant mis tout le monde en alerte au chateau. Tous se préparèrent au chaos qui allait suivre. Nombre d’entre eux ne seraient bientôt plus que des tombes oubliées dans un cimetière…
Les archers armèrent leurs arcs. Les éclats des soulshot qu’on activait éclaira le rempart, suivi par les sorts incantés par les mages, qui nimbèrent les archers de lueurs dorées.

Les unités de soldats étaient prêtes.
En face, les commandants tirèrent leur épée au clair et la charge commença. Le sol se mit à vibrer sous la charge des fantassins, tandis que le ciel se zébrait de flèches.

La bataille avait commencé.

Chapitre 4: Presages de guerre – Erica (2)

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Comme prévu, les premiers à charger furent les guerriers de la Confrerie du Loup Rouge. Ils se jetterent à l’assaut du pont. Mais alors qu’ils avancaient des soldats émèrgèrent de conduits dissimulés et bloquèrent toute possibilité de retraire. Ils étaient vêtus d’armures légères et tiraient le meilleur parti de leur dextérité. Ils était dirigés par le chevalier Elf qui avait servi d’emissaire face à Seighardt un peu plus tot. PLutot que de se jeter sur les Elfes Noirs, ils se déplacaient avec habileté pour leur couper la retraite, pendant que les flèches pleuvaient de la muraille. Meme si des renforts étaient rapidement envoyés par Seighardt, la Confrerie serait bientot anéantie.
Le moral des autres soldats fut douché par le massacre des premiers attaquants. Le temps changea au diapason de leur humeur, de gros nuages cachant la lumiere du soleil.

Erica scruta l’expression amère de Seighardt, et ne pu s’empecher de s’exclamer
« Ca n’est pas du tout ce à quoi je m’attendais ! »
Toujours silencieux, son chef semblait déchifrer quelque mystérieux code dans sa tête. Graham semblait extrèmement mécontent. Il cracha
« Ces mercenaires ont couté une fortune ! Utilisons les au lieu de les gaspiller! »
Seighardt l’ignora et donna ses instructions
« Loups Rouges, retraire. Archers au front. Visez les pieds de l’ennemi, et faites 3 slaves enflammées. Puis tirez sur les archers de la muraille. Les guerriers de la Griffe Tournoyante(?) se préparent à charger. »

Les ordres furent transmis. Les rangers se mirent en place par petits groupes, sous le commandement des Haweeye et des Phantom Rangers. Les traits enflammés partir et alèrent se planter aux pieds des combatants elfes. Les rescapés du Loup Rouge s’en tirèrent sans trop de pertes.
Graham frappa du pied, frustré d’etre ignoré. A bout de patience il posa sa main sur l’épaule de Seighardt. Une sombre panthère qui était allongée à coté de Seighardt bougea les oreilles. Elle vint de placer d’un bond entre Graham et son maitre, poussant le vieil homme d’un coup d’épaule. Puis elle lui jetta un regard dédaigneux. Seighardt l’avait invoquée du monde des ténèbres un peu plus tot. L’humeur aggressive de Graham disparu soudainement.
Seighadrt flatta la fourrure lustrée de l’immense chat, qui ronronna en retour. Cela sembla appaiser son maitre de façon quasi magique.
Visiblement les mercenaires massacrés n’étaient pas un souci. Le trio s’installa plus confortablement, faisant apporter des chaises. Le gros de la bataille allait suivre.

La pluie commençait à tomber. L’humidité ambiante fit place à une averse torentielle. Le champ de bataille se mua rapidement en terrain boueux. Indifférents au temps, le combat continuait à faire rage, les hurlements des mourrants se faisaient plus forts.

Un Orc était accroupi sous la pluie, à quelques distances des cris d’agonie. Shakdun, qui avait reçu le titre de Destroyer chez ceux de sa race, était dans un état de méditation profond. Si il pouvait se joindre au combat, il aurait déja montré à l’ennemi la véritable signification de son nom. Erica se demanda à quoi il pensait pour le moment; à ses frères accusés de traitrise? Au moment humiliant ou il fut banni par le Prince des Flammes? A sa fiancée laissée à la maison? Du sang coulait de son épaule, luisant sur les tendons de son dos large et puissant. Shadkun était pret pour la bataille.
Ses meilleurs troupes, à peine plus de 20 guerriers, attendaient patiemment sous leurs manteaux huilés. L’un d’entre eux s’appretait à en fournir un à leur chef, mais il leva la main sans se retourner pour le refuser. Erica se dit qu’elle préferait etre sous les ordre de Seighardt que sous ceux de cet Orc.

Graham dit alors, comme si il attendait le meilleur moment :
« Cet Orc est le Destroyer qui a detruit le village de la tribue Orc Taik, dans la foret des Mirroirs! » Il semblait impatient que l’Orc parte au combat.
« On n’utilise pas un glaive pour tuer les mouches. Ce n’est pas le moment pour Shadkun d’intervenir », répondit Seighardt.
« Quand est-ce que ça sera le moment? » demanda abruptement Graham.
L’humain de répondit pas, ce qui exaspéra le vieil homme; il parti en direction du camp, évitant de justesse une remontrance musclée. Erica, elle, était certaine de la victoire.

L’orage se déchainait, rendant la scène presque iréelle.
Un messager approcha.
« Notre unité Osori a été détruite! Le chef du Soupire de Hag est mort! »
« Nous le voyons nous-même, idiot! » explosa Erica avant meme que Seighardt ait pu répondre. La panthère gronda, réduisant la jeune femme au silence.
Seighardt parla enfin:
« Et du coté des Elfes? »
« L’ennemi? Ils commencent à se retirer. Quelques uns resistent encore à l’exterieur du chateau. »
« Biensur, c’est ainsi que le jeu se joue » dit Seighardt en souriant faiblement.

Il demanda une lanterne, et l’agita en direction du lac brumeux. Une lumiere lui répondit du milieu de l’eau. Brutalement, une enorme vague déferla, chariant des rochers. Un nouveau son se faisait entendre, par dessus la pluie et les vagues, qui se mua en un formidable grincement. Le sol se mit à trembler. Une gigantesque colonne émergea de la brume, interminable. La forme était vaguement humaine avec des bras étrangement longs. La forme titanesque était couverte de boue et de végétation mais la pluie eu tôt fait de les laver. A la lumière d’un eclair, Erica pu voir son visage.
« Un golem?  »
Le monstre passa sans difficulté au dessus d’eux et se dirigea lourdement vers les murs du chateau.

Chapitre 5: Présages de Guerre – Lionna (2)

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Les mots se perdirent dans le flot de la bataille. Le son de la pluie et le choc des armes devinrent comme un bruit de fond. Lorsqu’elle vit la chose, Lionna senti le poid écrasant de la réalité qui lui faisait face. Un gigantesque Leviathan de métal, plus large que les murailles elles-même, s’approchait inexorablement. Les soldats furent saisis de panique, figés sur place, les yeux rivés sur l’énorme chose.
Quelqu’un donna l’ordre d’attaquer la chose et Lionna remotiva ses troupes de toutes ses forces. Mais les flèches rebondissaient sans dommages, et les sorts l’éraflaient à peine.
Indifférent, l’immense golem s’approcha de la muraille, posant le pied sur le pont au dessus des douves. Le bois grinça sinistrement. Lionna réprima son hurlement et encouragea ses troupes de plus belle.
Le monstre était arrivé à la muraille et commença à la materler lourdement. La muraille trembla sur ses fondations et Lionna manqua d’être projetée par dessus le rempart. Une main salvatrice la retint au dernier moment. C’était celle de Dubian, un mage de la Tour d’Ivoire, rendu méconaissable par la boue et la pluie. Le golem continuait son travail de destruction et la jeune femme n’eut pas le coeur de pousser encore ses troupes. Le désespoir la gagna.
Dubian parla :
« Ce golem a été créé par la guilde de l’Enclume Noire. Regardez la marque sur son épaule, l’Enclume Noire. Animer un corps si large demande un pouvoir phénoménal. »
Lionna le coupa : « Et alors ? Nous devons trouver un moyen de l’arrêter, où il va raser le chateau ! »
A ce moment, les chocs redoublèrent de violence, l’obligeant à se tenir de toutes ses forces au parapet. De nombreux guerriers et mages tombèrent de la muraille. A chaque fois que les bras immenses du golem s’abattaient sur la muraille, des morceaux de pierre volaient aux alentours.

« Celui qui controle ce golem doit etre de la Guilde de l’Enclume Noire. Nous devons le trouver ! Si nous le stopons, ce golem ne sera plus qu’un tas de fer inanimé ! »

Sans se soucier des flèches ennemies qui volaient vers eux, Lionna se pencha au dessus du rempart pour scruter les alentours embrumés. Elle aperçu un instant un éclat de lumière venant du lac. Elle commença à courrir le long du chemin de ronde pour en chercher la cause. Dubian la suivait en récitant des sorts qui formaient une colonne de lumière circulaire. Une créatine semblable à un chat aux grands yeux en émergea. Le sorcier lui donna ses ordres et la créature, sautant sur parapet, scruta le lac attentivement. Elle revint communiquer mentalement à son maitre ce qu’elle avait vu.
« Le nain est au lac. »

Lionna se précipita. « Amenez moi une monture rapide ! On ne peut combattre ce qu’on ne voit pas. Il faut aller à la source ».
« Vous ne pouvez pas y aller, c’est trop dangereux ! » L’oracle Luellin, jusqu’alors silencieuse, lui barrait le passage. Lionna voulu forcer la route mais l’elfe ne la laissa pas faire.
« Ma vie et celles de tous dans ce chateau dépendent de vous ! » ajouta-elle dans un hurlement desespéré.
Les soldats alentour appuyèrent ses paroles. Lionna céda. Elle fit venir un arc, un crayon et du papier. Tout en gagnant l’extremité nord du mur, elle dicta son message. La lettre fut ensuite attachée à une flèche. Elle fit un effort de mémoire pour visualiser le petit bosquet au dela des murs, et tira. Puis elle scruta l’endroit où la flèche avait disparu dans la brume, avant de revenir vers l’ouest du chateau. Elle avait encore tant à faire.

Vellion dirigeait un peu plus de 20 fantassins humains et elfes, tapis dans un bosquet entre le chateau et le lac. Les attaquants ne pouvaient soupçonner que leurs adversaires, déja si inférieurs en nombre, puissent se séparer d’une part de leurs troupes. Ils étaient sortis par un passage secret au nord du chateau.
Dès qu’il eu achevé la lecture de la lettre, Vellion parti vers le lac. Ils évitèrent leurs ennemis, concentrés sur la porte. Ils suivirent le trajet dessiné par Lionna. Le brouillard dissimulait leurs déplacements.
Ils arrivèrent à destination.
Un nain se tenait là, une lanterne dans une main, une étrange machine dans l’autre. Il l’agitait et la manipulait en direction du golem. Le regard de Vellion croisa celui du nain. Celui-ci eu un moment de surprise mais se mit à rire. Un puissant orc équipé de grandes griffes apparu aux cotés du nain, qui se cacha derriere lui. Le lieutenant en chef des fantassins adverses apparu également, le corps protégé par une armure lourde au blason du mouton doré.
Vellion regarda le lac derrière l’orc, soupira et sorti son épée lentement.

Chapitre 6: Présages de Guerre – Erica (3)

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L’elfe était impitoyable. Les lames de son épée longue elfique dégoulinaient de sang et ses ennemis fuyaient pour sauver leur peau. Erica regardait, ébahie, l’elfe mettre à terre six de ses soldats. Un rogue élancé s’approcha de l’Elfe par derrière, se déplaçant furtivement dans le brouillard. Il ressera son emprise sur la garde de sa longue dague à dents de scie.

Le rogue levait sa dague préparant le coup mortel. Sans avertissement, son cou fut tranché et sa lame vola au hazard. Une orbe brillante, de la taille d’un point, revint d’elle-même vers l’Elfe. Il se tenait débout, aussi immobile qu’une statue, à l’exception de ses yeux, à la recherche d’une nouvelle cible. Son regard inexpressif tomba sur Erica, qui était presque entièrement entourée de brouillard.
« Approchez. »
De son épée dégainée, une faible aura entoura le corps de l’elfe. Les soldats levèrent leurs armes et s’approchèrent de lui. Les restes de leurs alliés tombés au combat, brisés et éparpillés sur le champ de bataille, ne les découragèrent pas alors qu’ils approchaient de leur propre fin.
« Attention! »
Alors que les mots s’échappaient de ses lèvres, Erica se rendit compte qu’elle n’était plus cachée par le brouillard. Elle marchait elle aussi vers l’elfe, armée uniquement de sa petite dague.
L’un après l’autre, les mercenaires mourrurent de l’épée de l’elfe. Erica tenta de reprendre le controle d’elle-même et de stopper le mouvement de ses pieds. Elle parvint tout juste à rester de coté quand l’elfe engagea le combat avec le nain. Alors que le coup mortel allait tomber, elle vit le Destroyer Shadkun sortir de la brume. Il jeta un marteau sur le nain, le poussant hors de danger.

Shadkun saisit son Jamadhr à deux mains pendant que l’elfe prenait du recul. Un étrange cri de bataille, mi-hurlement mi-chant, monta de la gorge puissante de l’orc. L’épée à deux lames frappa près du cou de Shadkun, mais il croisa ses griffes métaliques et coinça la lame. La petite forme qui planait autour de l’elfe emit une lueur alors qu’elle plongeait vers la poitrine de l’Orc. Reculant d’un pas, l’orc détourna l’offensive. Les six griffes de Jamardh fouettaient l’air encore et encore. L’elfe esquivait et parait les attaques. Son visage paraissait de craie, alors que les bras de l’orc semblaient faits de cuir de dragon. Chacun portait de nombreuses coupures, et à chaque coup le sang frais coulait, éclaboussant le sol.

« Ca ne marchera pas » pensa Erica.
Elle récupéra l’arc d’un soldat mort et ramassa des flèches sur le sol boueux. Elle prépara son tir, visant l’elfe. Mais les 2 combattants bougeaient si vite qu’il était impossible de conserver sa cible. Sachant qu’elle ne pouvait pas blesser sérieusement l’orc, elle tira. La flèche glissa entre les deux guerriers, coupant le flot des assauts de Shadkun. L’elfe n’accorda aucune attention à la flèche et attaqua avec son épée simple. Shadkun résista à la charge, ses griffes fouettant l’air. Les lames entrèrent en collision, produisant des étincelles surnaturelles. Le métal glissait contre le métal. D’une habile torsion, l’elfe brisa la garde de sa propre épée sur les solides griffes de son adversaire. En dégageant la lame, il coupa les lanières de cuir du Jamardh et entama la chair en dessous.
Le sang se mit à couler. Les lanières pleines de sang se délacèrent. L’arme glissa des mains de l’orc et tomba au sol, lourde et inutile. Erica poussa un cri et se jeta sur l’elfe. La lame decrivit une courbe incroyablement précise vers elle. Elle senti la lame lui fouetter les cheveux tandis qu’elle plongeait et roulait sur le sol. Shadkun jeta brutalement en avant le Jamarhd qui lui restait. L’elfe para avec une epée, plongeant l’autre lame dans le flanc de l’orc. Celui-ci hurla férocement. Erica se dressa sur un genou et bondit.
« Meurs ! »
Elle mis tout son poid sur la dague, pénétrant l’armure de mithril, tranchant la chair, brisant les os, et finalement atteignant la vie même de l’elfe. Celui-ci s’écroula lentement. Alors qu’il tombait à genou, une étrange tristesse apparu sur son visage. Ses yeux cillèrent et il s’écroula au sol.

Erica regarda vers Shadkun et vit qu’il avait les yeux baissés sur le corps de son ennemi, silencieux. Le sang coulait de la blessure que l’elfe lui avait faite, mais ses jours n’étaient pas en danger. L’orc détacha le Jamadrh restant et le jeta dans le lac. Erica se demanda si il était contrarié qu’elle soit intervenue dans le combat. Elle hésita puis s’approcha. Lui touchant l’épaule, elle dit avec détermination:
« Il ne vous aurait pas tué. »
Shadkun lui jeta un regard grave. Ses yeux disaient son incertitude. Erica détourna le regard sans savoir pourquoi.
« Je suis désolée ».
Shadkun retourna vers le nain qu’il avait sauvé, qui pansait une de ses plaie. Le nain tenait une énorme arme, deux fois plus grandes que lui. Shadkun s’en saisit et la brandit au dessus de lui en regardant Erica
« Victoire. »
Il avait parlé avec une grande gravité, mais éclata ensuite de rire. Erica s’autorisa à sourire, puis repensa au chateau.
« Il semble qu’il y ait plus de résistance que prévue, il reste beaucoup d’ennemis. »

Un nain était assis dans un arbre près du campement, une pipe entre les dents. Il tenait un objet cylindrique au niveau de son oeil, et regardait le lac. « L’opérateur du golem semble être toujours en vie. » dit une voix en dessous de lui.
Le nain rit de bon coeur et bourra du tabac dans sa pipe avec son pouce. Les années de travail à la forge avaient tant épaissi la peau de ses mains qu’il ne sentait plus la chaleur de la braise.
« Quelle parole stupide. »
« Et pourquoi donc ? » demanda l’homme sous l’arbre.
« Pourquoi agiter une lanterne pour diriger un golem ? Et pourquoi l’orc a-t-il pris l’appareil des mains du nain ? »
L’homme surpris, regarda en direction du lac et dit « Pourquoi Sieghardt a-t-il utilisé une torche dans ce cas ? »
« Parce que c’est un fin renard. Avec une simple flamme, il a attiré les meilleurs guerriers de l’ennemi dans un piège mortel. L’ennemi a supposé que la lumière provenait de l’endroit où se trouvait l’opérateur caché. C’est ce que voulait Sieghardt. L’adversaire a payé le prix de sa bêtise. »
Le nain sauta lestement en bas de l’arbre.
« Le test a réussi ».
L’humain aprouva de la tête.
« Je compte sur vous pour parler de cela comme il se doit à ceux qui ont investi. »
Le forgeron de Guilde de l’Enclume Noire eut un sourire satisfait.

Chapitre 7: Présages de Guerre – Leona (3)

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La tension était palpable dans le hall précédant la salle du trône. Ils n’étaient plus que dix, Lionna incluse. Elle se demanda combien d’entre eux auraient même la force de simplement lever leur épée en temps voulu.
Ils avaient subit de lourdes pertes et la situation était sombre, mais il restait un espoir. Si ils parvenaient à empêcher le leader adverse de s’emparer du coeur du chateau, un artefact sacré, ils seraient victorieux. Mais les forces de Sieghardt étaient terriblement fortes. Ils avaient envahi toute la cours intérieure du chateau et detruit la porte d’accès. Ils se dirigeaient à présent vers la relique sainte et, la seule route pour y accéder passait par le hall où se trouvaient Lionna et son groupe.
Lionna ne pouvait rien faire à part constater la situation précaire du groupe en lambeaux. Elle craignait que les blessures et l’épuisement aient raison d’eux avant même qu’ils aient une chance de faire face à l’ennemi.
Certains avaient avaient lachement fuit ici, d’autres aivaient été menés là par les remous de la bataille. Luellin était parmis eux, mais Dubian avait disparu. Et le rapport de la mort de Vellion avait été un coup très dur pour les troupes.
Alors qu’elle surveillait la scène, Lionna se rendit compte qu’elle saignait. Mais elle refusa les soins de Luellin. D’autres avaient été blessés bien plus durement qu’elle, et l’oracle s’épuisait déja pour eux.

Le cliquetit des épées avait été remplacé par l’echo de foulées rapides. Leurs ennemis étaient venu à bout des dernieres poches de résistance dans le chateau. Lionna tira son épée au clair. Les soldats créèrent un périmètre de défense autour d’elle. L’ennemi apparu soudain et Lionna réunit ses forces pour crier :
« Gloire à Giran! A l’attaque! »
La première vague d’ennemis fut brisée par une salve de lances. La charge fut coupée, les défenseurs tenaient bon. Un orc massif sortit de la mêlée, un énorme glaive à la main. Lionna doutait qu’il puisse s’en servir dans un lieu si étroit et surpeuplé. Mais elle vit avec horreur que l’orc était en train de percer le périmètre de défense.
« C’est dangereux, reculez ! »
Elle poussa les soldats et se jetta à la rencontre de l’orc, échappant à la poigne protectrice de Luellin. La lame de l’orc tranchait la chaire et heurtait le mur de granite. Le sang et la poussière volaient. La moitié de ses troupes de soutien venaient de se faire balayer. Une vague d’ennemis suivait le passage ouvert par l’orc.

Lionna ordonna à son unité de se retirer dans la Chambre de la Relique. Ils se placèrent en cercle, entourant l’artefact, encerclés par l’ennemi. Lionna vit qu’il était temps de reconnaitre la défaite. Elle regarda lentement autour d’elle. Même le second étage qui encerclait la pièce était rempli d’archet ennemis. Les flèhes étaient encochées, dirigées vers elle, et luirent ensemble d’un éclat bleu avec un bruit sourd.
« Ne tirez pas. »
Sieghardt apparu à l’entrée, suivi de sa panthère noire. Il regarda l’orc et dit :
« Shadkun, il reste des poches de résistance a l’est du chateau interieur. ».
L’orc ne bougeait pas.
« Il n’y a pas besoin que vous restiez. Elle a déja perdu sa volonté de se battre. »
L’orc ne quittait pas Lionna du regard.
« Shadkun ! »
L’orc tourna le dos et quitta la chambre.

Sieghardt survola les cadavres du regard et fixa la fille qui se tenait là, une épée à la main. Il lui adressa un très léger sourire.
« Cela fait longtemps, Dame Lionna. Ou dois-je pour l’occasion vous appeler Seigneur ? »
« Sieghardt »
« Quel dommage que nous nous rencontrions comme ennemis cette fois »
« Il n’y a pas de raison de le regretter. »
Sieghardt fronca les sourcils et regarda à nouveau la fille en face de lui. Ses cheveux étaient trempés de sueur, sa peau maculée de sang.
« Même marquée par la bataille, vous n’êtes pas moins belle que lors de la nuit que nous avons passé ensemble dans la forteresse en ruines ».
Lionna l’attaqua. Il esquiva gracieusement son coup, dégaina et para le suivant. A ce moment la, la pièce sombra dans le chaos.
Luellin tenta de jeter un sort à Sieghardt, mais la panthère se jetta sur elle. L’oracle était trop epuisée pour esquiver cette fois et son baton ne suffit pas à la défendre. L’animal la saisit à la gorge. L’elfe cessa de bouger et sa robe bleue se teinta de rouge. Lionna entendit son cri d’agonie, mais n’eut pas le temps de ressentir quoi que ce soit. Elle se savait encerclée de toutes parts, mais restait concentrée sur Sieghardt et lanca son attaque. Etrangement, il réagit un instant trop tard. Son épée erafla la tempe de l’homme, et une goutte de sang roula sur sa joue. Retenant son souffle, Lionna se rendit compte que les hommes de Sieghardt ne se concentraient plus sur elle. Ils titubaient étrangement et tombaient les uns sur les autres. Elle remarqua alors la faible lueur violette qui flottait dans l’air, collant de façon surnaturelle aux soldats inconscients. Au même moment, les archers du second étage furent attaqués par une etrange créature semblable a un chat.
« Lionna, par ici ! »
Dubian et un elfe ancien entrèrent dans la Chambre. Une boule de flammes apparu et vola vers Sieghardt. Elle explosa et entoura le corps du Dark Avenger de flammes rouges sombres. Sieghardt leva les bras pour se protéger et roula au sol. Sa panthère se jeta sur le mage elfe. Dubian hurla et s’effondra. Lionna courru a lui. Sieghardt avait réussi à éteindre les flammes et lui bloquait la route. L’épée de la guerrière luisait du pouvoir des esprits. L’arme vola en direction de la tête de l’homme. Encore une fois, il bloqua l’attaque. Soudain, un chattoiement de flammes rouges jallit sous ses pieds. Des tentacules fantomatiques rougeoyants s’enroulèrent autour de ses jambes et l’immobilisèrent.
L’elfe ancien acheva de réciter son sort et appela Lionna, mais elle était en train de voler à l’aide de Dubian. Le sorcier luttait contre la panthère, son baton en travers de la gueule de l’animal. Celle-ci lui arracha des mains en tombant au sol. Dubian jeta alors sur la panthère une flamme blanche qui la consuma dans un nuage de fumée noire. L’animal disparu, renvoyé dans le ténébreux néant d’où il était venu.

Lionna et ses alliés se hatèrent de quitter la chambre avant que les forces de Sieghardt n’aient repris leurs esprits. Avant de passer la porte, elle se retourna. Sieghardt la regardait de ses yeux noirs en souriant.
« Au revoir Lionna Blackbird. »
Elle savait qu’il esperait une réaction sentimentale de sa part, mais elle n’avait pas l’intention de lui donner satisfaction. Elle détourna le regard sans rien dire.

Avec Dubian et l’elfe, ils s’enfuirent à travers le hall jonché de corps.

Chapitre 8: Présages de guerre – Epilogue

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Les nuages noirs commençaient à se dissiper lentement. Sieghardt avait réuni ses soldats devant l’artefact du chateau de Giran. Les hommes regardèrent Graham avec méfiance quand il entra dans la pièce, alors que Sieghardt écoutait un rapport.
« Les défenseurs sont tous morts ou se sont enfuits. Quelques-uns résistent encore dans les recoins du chateau, mais ils seront bientôt vaincu. »
Graham frappa ses mains l’une contre l’autre et marcha vers le mercenaire. Il posa une main sur son épaule.
« Vous êtes étonnant ! Vraiment étonnant ! C’est une victoire complète, Sir Sieghardt ! »
Sieghardt sourit humblement et regarda le vieil homme, alors que ce dernier s’approchait de la relique en parlant de façon désinvolte.
« Le Seigneur sera vraiment très content. Il y a eu de petits malentendus au début, mais cela n’est rien à côté de cette magnifique victoire. Soyez sûr que je parlerais au Seigneur de votre excellent travail. »
« Avez vous vraiment besoin de le déranger ? »
Sieghardt se tenait à coté de Graham et observait la relique sainte. Elle avait la forme d’une femme sur un piedestale enchassé de joyaux. Ce n’était pas une simple statue. Elle donnait le pouvoir absolu sur le riche territoire de Giran à son possesseur.
« Comme c’est curieux. »
Graham ouvrit grand les yeux, comme si il se demandait ce que cela voulait dire.
« Vu sous cet angle… » Le Dark Avenger enleva le gant de sa main gauche et se rapprocha de l’artefact. Graham posa vivement sa main d’un geste défensif.
« Allons allons, votre travail s’arrête ici Sir Sieghardt », dit-il en riant nerveusement. Le mercenaire sourit sans rien dire.
« Arrêtons de plaisanter. Prenez ma part du dédommagement. Je vous donnerais tout ce que vous voulez. Attendez que le Seigneur ait communié avec la relique sainte comme prévue. »
La main droite de Sieghardt alla à sa hanche et revint en avant. C’était un geste naturel, comme sortir un mouchoir pour essuyer de la sueur. Son sourire persista quand la tête de Graham tomba au sol. Il replaca l’épée dans son fourreau sans qu’elle ait une goutte de sang. « Je m’étais finalement habituée à sa voix criarde. Je serais presque triste qu’on ne l’entende plus désormais ». Ses hommes rirent de bon coeur.

Sieghardt posa doucement sa main sur l’artefact. La statue et ses joyaux prirent une couleur rouge et se mirent à luire doucement. La lumière se répandit le long du bras de Sieghardt, fut absorbée par son corps, et ce fut tout. L’entourage réalisa que le chateau venait de changer de propriétaire.
Sieghardt et ses mercenaires sortirent de la pièce pour se rendre dans la pièce impériale. Elle était richement décorée d’or et de tissus précieux. A coté du trône se tenaient les serviteurs et le chamberlain au service du seigneur du chateau. Ils acceptèrent sans broncher leur nouveau maitre.
Sieghardt se dirigea lentement vers le trône, s’y assit, croisa les jambes et cala sa main sous son menton. Satisfait, il sourit. Les employés du chateau, à commencer par le chamberlain, virent lui présenter leurs honneurs comme il est d’usage envers chaque nouveau seigneur.

Environ 20 boites en bois étaient eparpillées sur le sol d’une chambre, au second étage du chateau. Erica Ken Weber balaya la poussière de la dernière boite et l’ouvrit pour regarder ce qu’il y avait à l’interieur. Elle y trouva de vieux outils de jardin. Elle eut un cri de dépit et frappa la boite de toutes ses forces. Puis elle examina attentivement chaque outil. Rapidement, elle se resigna et sorti en soupirant. L’objet qu’elle cherchait n’était plus là.

Chapitre I : L’Age de la Splendeur – Prélude

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Si vous labourez les champs, des graines vont germer et une nouvelle croissance se produira. Le monde d’Aden, une fois dévasté par les sanguinaires partisans des Guerres, a vu s’épanouir une nouvelle ère de prospérité.

Pendant que les seigneurs féodaux et les anciens chevaliers, attachés à la tradition, se lamentaient sur l’effondrement de l’ordre ancien, d’autres aspiraient en secret à la destruction. Les marchands voulaient apaiser la population afin de faire des profits.

Sieghardt Ein avait été reconnu comme le seigneur du Chateau de Giran, mais ne contrôlait pas, en vérité, son territoire. Il négligeait les devoirs d’un seigneur, comme collecter les impôts ou administrer le chateau. Après trois mois, il abandonna le chateau, disparaissant avec ses soldats. Quoiqu’il en soit, le seigneur qui lui succéda était bien plus ambitieux. Balayant la forte opposition des marchands de Giran, il traita leur guerre marchande avec Innadril, vieille de plusieurs décennies, d’une manière clairement plus diplomatique. Innadril, le chateau de l’eau, était alors incapable de commercer avec d’autres territoires sans passer d’abord par Giran. Le seigneur du chateau fit alors un pacte avec le seigneur de Giran et le commerce recommenca entre les deux territoires.

Avec la ré-ouverture du port de Heine et l’achèvement du port de Giran, les routes commerciales reliant Aden, Giran, et Innadril s’étendirent jusqu’à Avella en Orient. La méthode d’élevage des striders fut propagée à travers la populace, rendant le transport de fret volumineux par la terre bien plus rapide qu’auparavant. Le thé, la soie et les épices fûrent considérés par les riches comme étant leurs marchandises de luxe préférés. Les méthodes traditionelles de travail du métal furent révolutionnées grâce à un courageux marin qui vola le secret d’Avella sur le trempage de l’acier. L’un des objets exotiques qui devinrent indispensables, fut le symbole d’Avella, auquel on attribuait de mystérieux pouvoirs. Ce symbole se répandit graduellement dans la population entière, ouvrant la voie à une ère d’abondance durant laquelle l’argent ainsi que les marchandises coulèrent à flot dans la région Est d’Aden.

Dans les champs de Dion et dans le Colisée du Lac Narsell, l’Age de la Splendeur fut proclamé avec un enthousiasme sauvage. Plus la lumière est brillante, plus l’ombre est sombre, dit-on. Sous la lumière brillante des feux d’artifices pendant le festival appelé l’Age de la Splendeur, ils menèrent d’arrogantes explorations.

Mon seul et unique mentor, dans son livre « Les 1000 Jours Eternels », faisait une allusion à ce que Baium, l’empereur maudit, avait symbolisé dans ce monde régit par des dieux paresseux. Le trésor pourpre coulant dans le sang de l’humain le plus proche d’un dieu absorbait non seulement l’essence des cinq tribus déstinées à la mort, mais aussi celle des anges et des créatures d’autres mondes. Les noms de ces créatures sont associés à la haine et à la peur quand ils sont écrits dans les chroniques des derniers jours. Le premier apparu fut le nommé Hallate.

Les trois arches saintes étaient alors cachées loin de Giran, la Forêt Maudite, et Aden, la Capitale. Elles fûrent perdues durant les guerres, puis réapparurent quand le combat pour le trône de l’empereur commenca. Si l’on en croit la rumeur, les arches contiennent les reliques d’un saint qui dénonça Baium à un dieu. Beaucoup cherchèrent les arches, mais même les fanatiques tel Athebaldt et Rodemai firent l’erreur de sous-estimer les réelles difficultés de leur objectif. Ils déployèrent des mercenaires et des commerçants afin de traquer ces saintes arches. Beaucoup d’entre eux mourrurent durant leur quête, quand ils se battirent contre de formidables entités appelées Gardiens des Arches.

Je pense que Aria Firstmatter n’en fait pas partie. Son sens passioné de la destinée, sa noble dignité ainsi que son amour aveugle l’auraient poussé à se refuser le moindre compromis. Deux elfes noirs du Nord l’approchaient. L’un d’eux était Scride, un combattant de Pavel qui fut autrefois un danceur de lames, reconnu par les anciens de la cité souterraine. L’autre était Esen, plus connu sous son surnom Plume de Couronne. Il était jadis un Eclaireur Fantôme; actif à Ruhn. C’est une grande ironie que celui qui contribua le plus à cette cause soit le Tetrarch Thifiell de la cité souterraine.

Nous expérimentons tous des succès et des échecs dans des quantités à peu près équivalentes. Après avoir obtenu quelque chose que nous désirions, nous réalisons que ce n’était pas ce que nous voulions vraiment. Bien souvent, beaucoup sont abasourdis lorsque cela se produit !

Chapitre II : l’Age de la Splendeur – Canine de l’ombre

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Sur les plaines, la roue d’un chariot couvert produisait un son pénible et grinçant. Les pics des montagnes alentours, couronnés de roches froides et de glaces éternelles, furent bientôt recouverts par l’obscurité, tandis que le soleil descendait derrière les crêtes. L’obscurité : un abri pour la cruauté, dans lequel le sang et les larmes se vendent bon marché, autorisant l’avarice à montrer sa moisissure. Même de simples plaisirs quelconques ressortent de ce dur environnement.

Un groupe de voyous, dont le commerce est la bataille et le meurtre, s’approcha lentement du chariot, émettant toujours son bruit torturé. Un autre groupe qui était déjà installé sur ce territoire, mais ils n’avaient pas un accueil chaleureux pour les gens de la même profession. Surtout quand ils se transformaient en corps sans vie qui ne pouvaient plus serrer la main à qui que ce soit, ou tuer pour gagner de l’argent. Les voyous, libérés du joug de leur vie monotone, ne semblaient pas interessés par la collecte de reliques.

Un jeune elfe attrapa la roue pour la stopper, sans quoi elle aurait pu tourner à jamais. Debout parmis une vingtaine de corps, il écouta les murmures de ses compagnons. Ils cherchaient un certain coffre. L’un d’eux, qui aimait montrer ses connaissances, disait que le cofre était un objet que le Baron Lewin, ancien seigneur de Giran, avait dissimulé avant de perdre son chateau. Quoiqu’il en soit, il n’avait pas réussi à attirer l’attention de ses collègues. Ils n’étaient pas interessés par le contenu d’une boîte englué dans un trou boueux quelque part. Plutôt, ils discutaient avec enthousiasme à propos de la femme qu’ils courtiseraient et du pichet qu’ils boiraient quand ils seraient de retour au village.

« La tarte aux fraises de Natalie est la meilleure d’Aden. Je sais qu’on m’accuse d’être détraqué quand je deviens fou juste à propos d’une tarte. Ah, bien. J’avais la même attitude qu’eux, jusqu’à ce jour durant lequel Natalie me prépara une tarte! D’après Natalie, le secret d’une délicieuse tarte aux fraises est–Argggghhh!! »

Une gigantesque flèche, aussi grande qu’un javelot, traversa la poitrine du mercenaire amateur de tartes, montrant son extrémité recourbé de manière impressionnante. Le mercenaire mourrant la regarda comme s’il n’avait jamais vu une telle chose, puis il tourna ses yeux vers ses compagnons. Il n’eut pas le temps de leur dire adieu. Les autres mercenaires bondirent de l’autre coté du chariot afin de se préparer à la prochaine volée de leur attaquant inconnu.

Les mercenaires hésitaient. Ils n’étaient pas assez stupide pour courir vers la forêt sans savoir ce qui y était tapi. De toute manière, ils ne pouvaient pas s’aventurer autour du chariot sans localiser leur ennemi caché au préalable. Encore et encore, des sons doux, comme le frottement de vêtements de soie, se firent entendre. A chaque fois, une partie du chariot était détruite. Le chariot se froissait sur lui-même, comme si il était fait de papier. Des flèches arrivèrent d’au-delà de la route, et les mercenaires coururent dans la direction opposée vers la forêt. Bien que la forêt semble assez sûre durant la journée, quand la nuit est tombée elle se transforme en un monstre invisible. Les racines les faisaient tomber, les branches mortes leurs crevaient les yeux et l’eau sous les feuilles mortes engluait leurs chaussures. Les insectes, dont le sommeil avait été interrompu, exprimèrent leur déplaisir en attaquant violemment les yeux, le nez et la bouche des mercenaires. Entourés d’aussi formidables ennemis, ils attendirent que le mystérieux archer se montre bientôt. Ils se séparèrent en groupes de trois ou cinq et allèrent se cacher, attendant l’attaque de l’archer.

Sentant sa poitrine s’oppresser, l’elfe regarda en l’air. A l’inverse de ceux qu’elle contenait, la forêt semblait paisible. Le ciel venteux qui portait la nuit était vêtu de fines et profondes pièces d’indigo brodées de perles. Bientôt, la ronde et pleine lune se fit voir au travers des arbres. Quand le vent mourrut, annoncant le destin de quelqu’un, la forêt laissa entendre le cri d’une bête abandonnée.
Les oiseaux s’envolèrent rapidement, éveillés par les appels colériques, les cris d’agonie, les gémissements et les plaintes. Les ombres montrèrent leurs canines aiguisées et se précipitèrent tel l’éclair pour griffer, tordre, modre, arracher, déchiqueter, casser, broyer et finalement, pour tuer. Quelques minutes plus tard, la forêt était remplie de gargouillis et de plaintes, étranglés par le sang rouge et sombre. La pleine lune grimaça, colorant la scène avec une lumière incolore et morte.

L’elfe était perdu, ne sachant pas si il était mort ou vivant. Au milieu de la scène qui avait tourné au gris pâle, les deux yeux du loup auquel il faisait face clignèrent en un vert brillant. L’elfe était curieux de savoir pourquoi le loup gigantesque le regardait dans les yeux. Cette question fut rapidement résolue par sa tête, qu’il sentit prête à tomber, et ses jambes qui battaient inutilement dans les airs. Le loup se tint alors sur ses pattes de derrière, attrapant la tête de l’elfe avec une seule patte. Avec son autre patte, le loup tenait un arc similaire à ceux utilisés par les éclaireurs, mais en plus large. Quand le loup ouvrit sa bouche, l’elfe pu voir ses dents, qui ressemblait à d’innombrables dagues couvertes de sang séché. Une phrase lui fut murmurée à l’oreille.

« …La clairière de l’Arbre Monde est… »

Il fallut un moment à l’elfe pour s’apercevoir que le loup était en train de lui parler, ce qui lui empêcha de suivre ce que le loup lui disait.
« …si tu ne veux pas voir la Clairière de l’Arbre Monde déracinée, ne touche pas le Sceau. »
Le loup jeta l’elfe sans ménagements au sol. L’elfe essaya de se relever, mais il réalisa qu’il ne pouvait pas contrôler ses jambes. Difficilement capable de soutenir le haut de son corps avec ses deux bras, il regarda le loup.
« Pourquoi me menacez-vous? »

Le loup, s’étant déjà éloigné, s’arrêta soudain. Chaque pas qu’il faisait imprimait sur la terre une empreinte de pas rouge sombre. Le loup répondit.
« Ce n’était pas une menace. » Puis il disparut, laissant l’elfe derrière lui.

Quelques temps plus tard, quand l’elfe tenta de se souvenir pourquoi il était là, il retourna à l’endroit où le chariot était renversé. Là, il réalisa qu’il avait suivi les empreintes du loup. Le chariot reposait sur le côté et des corps de mercenaires étaient éparpillés alentours. Tout paraissait comme avant, à l’exception du coffre qui avait disparu.

Chapitre III Age of Splendor – Aria

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Elle a du perdre 4 jours pour arriver à rencontrer le Chef de la Warehouse, Gesto, mais pas parce qu’il la fit attendre. Depuis que les anges étaient descendus dans la Tour de l’Insolence (Tower of Insolence), des yeux inquisiteurs avaient suivi Aria depuis une distance indiscernable. Parmi eux, ceux qui la rendaient particulièrement nerveuse étaient les deux qui la suivaient depuis Elmore. Aria se cacha dans une pièce minable d’une auberge et ne la quitta pas jusqu’a ce qu’elle soit certaine qu’ils aient abandonné leurs recherches.
Les légendaires Chevaliers des Larmes de la Lune de Pavel, contrairement au chevaliers d’Aden qui rassemblait principalement des Paladins et des Chevaliers, intégrait des membres d’origine et de talents divers. Cela était certainement lié au fait que cette guilde avait de bonnes relations avec les mercenaires de Ruhn. Deux des forces soutenant ces mercenaires étaient la Foret Maudite et le village souterrain des Elfes Noirs. Seule Aria pouvait comprendre que la question la plus importante était de savoir ce que manigançait la Cité Souterraine et ses véritables intentions vis a vis de Ruhn et de Pavel. Mais elle ne pouvait prévoir quoi que ce soit.
Quinze minutes après être entrée dans la warehouse, Aria en sortit par la porte de derrière et retrouva à l’air brumeux de Giran. Durant les vingt minutes de sa marche vers son logement, elle était presque sure d’avoir échappé a ses poursuivants.
Quand elle retourna a l’auberge, elle ne vit pas le vieux Nain qui somnolait habituellement au comptoir. Tenant une petite chandelle, elle escalada les escaliers craquants et traversa le hall. Quand la lumière de la bougie crépitait, son ombre semblait danser autour d’elle, presque comme si elle essayait de lui parler. La lumière bleutée de la nuit illumina la dernière fenêtre du hall, et elle arriva finalement á sa chambre.
Elle passa devant la porte de sa chambre sans s’arrêter et atteignit le pas de la porte de la chamber suivante, qui etait vide. Un son aigu se fit entendre et un petit trou apparut dans la fenetre, elle recula du pas de la porte. Tout a coup, une fleche ornee d’une marque noire se planta dans le cadre de la porte, tout cela en un battement de cil.
« Une plume de corbeau ? »
Ses muscles se tendirent. Le sang battait à ses oreilles et ses yeux, créant une sensation de palpitation. Du bout de ses doigts jusqu’a ses épaules, un courant électrique parcourait son systeme nerveux.

Afin d’éviter d’être touchée, elle appuya son corps contre le mur, et plongea jusqu’au palier en un souffle. A l’aide de sa dague, elle coupa la chandelle et l’éteint, puis s’agenouilla sous le chandelier. Uen atmosphère ténébreuse l’enveloppait. Une flèche traversa la fenêtre et détruisit ce qui restait du chandelier. La flèche suivante passa juste au dessus de la tête d’Aria qui s’était accroupie juste à temps contre le mur. Elle poussa un soupir de soulagement, et roula sur le coté. Elle sentit la dernière flèche se planter juste là où elle se trouvait auparavant.

Aria stoppa son mouvement et retint sa respiration. La porte de la chambre s’ouvrit violemment et un des chevaliers de Pavel en jaillit comme un éclair, brandissant ses deux épées. Aria visa le dos du chevalier et y plongea sa dague. Le chevalier utilisa ses deux armes pour couvrir les attaques venant de devant et de derrière, ainsi il pouvait se défendre contre tout ce qui pouvait rôder dans le couloir sombre. Bien que ce fut par chance, il bloqua l’attaque d’Aria.

A travers la fenêtre de la chambre, qu’un rideau cachait, une faible lumière pénétra dans la chambre. Dès qu’elle marcha dans cette zone faiblement illuminée, une autre flèche fut tirée dans sa direction. En dépit du risque qu’il avait de toucher son propre camp, le tir de l’archer était incroyablement précis et semblait anticiper ses mouvements.

Alors qu’elle courait dans la chambre, une flèche toucha la jambe d’Aria et elle fut projetée contre un mur. Le chevalier qui la poursuivait abaissa son épée alors qu’elle luttait pour regagner son équilibre. Elle para l’attaque et riposta avec sa dague, et visa la gorge de son ennemi. Mais sa tactique fut contrée par l’autre épée.

Aria pouvait voir son adversaire pour la première fois. Le jeune Elfe Noir semblait être âgé de moins de deux cents ans. Il avait l’air fort et étrangement calme. Il fit lentement glisser la lame de son épée sur sa dague. Le point d’équilibre se souleva et les deux armes s’entrechoquèrent.
 » Donne moi le Livre du Saint  »
Quand l’épée passa devant ses yeux, elle fronça les sourcils et répondit » Va plutôt dans une librairie !  »
Avec sa dague, Aria dessina un grand cercle et la laissa voler dans les airs. L’épée s’enfonça dans son bras, en dessinant une longue blessure qui libéra beaucoup de sang. Elle se jeta sur l’elfe noir et l’entoura avec ses deux bras.

Elle poussa alors un cri et se projeta contre la fenêtre qui se fracassa, et les deux combattants roulèrent à travers en tombant d’un étage. Toujours dans les airs, Aria regagna le contrôle de son corps et grimpa sur les épaules du chevalier. Juste avant de toucher le sol, elle utilisa toute sa force pour écraser les épaules de l’elfe noir. Du sang s’écoula de sa blessure, alors que l’elfe noir serra les dents, en proie à une grande douleur.
« Le Marcheur des Abysses le plus puissant est…  »
Alors qu’elle étranglait le chevalier avec ses genoux, elle tira une autre dague de sa botte; du sang jaillit de sa blessure, couvrant la figure de l’elfe noir de rouge. Sans hésitation, elle plongea sa dague dans le cou du chevalier.
« …celui qui arpenta l’Enfer pendant cinq cents ans. »

A ce moment, une effroyable douleur lui transperça l’échine et se répandit dans tout son corps, elle roula sur le côté du corps de l’elfe noir. De cette nouvelle blessure, du sang coula et trempa son armure et ses vêtements..
La flèche de « Plume de Corbeau » avait été étrangement silencieuse. Aria ne l’avait entendue que lorsqu’elle était à quelques mètres d’elle. Une fois dehors, il était illusoire de chercher un couvert contre les flèches. Elle se leva et couru pour sauver sa vie. Bien qu’elle puisse ni le voir, ni l’entendre, elle savait qu’une flèche fonçait droit sur elle. Elle s’élança à l’aide du mur, accrocha une branche d’arbre et sauta par dessus le mur. La dernière flèche la toucha au dos.


« Sire Scryde! »
Le Danselame (bladedancer) des froides contrées nordiques regarda sans mot dire le mercenaire qu’il avait loué., Essen, un Ranger Fantôme connu sous le nom de “Plume de Corbeau” parmi les orcs et les mercenaires de Ruhn.
Le corps de Scryde trahit l’intention de son propriétaire. Ses deux épaules craquèrent dans un infâme bruit d’os frotté contre un autre os. Il se sentit nauséeux comme si ses intestins étaient secoués. Il respirait inégalement, on aurait dit le rythme d’une chanson militaire orc. Parcouru de toutes ces sensations, sa tête semblait prête a exploser
« Oh, mon…! » Quand le Phantom Ranger aperçut l’arrière du cou de son employeur, il lâcha l’objet qu’il tenait, courut jusqu’à lui et s’assit à coté de lui. Scryde pouvait seulement lever sa main droite.
“Tout va bien, ce sang n’est pas mien”
Scryde essaya d’oublier la douleur en se concentrant sur quelque chose d’autre. Mais cela le ferait parître encore plus faible. Alors il interrogea le Phantom Ranger.
« L’avez vous eue ? »
Essen secoua la tête de honte et désigna l’objet qu’il tenait. C’était un morcheau d’armure de cuir imbibé de sang. Il expliqua lentement comment sa victime lui avait échappé malgré la flèche plantée dans son dos.
« Un Ranger, incapable d’attraper une femme blessée… J’ai honte de moi. »
Scryde commença à pencher sa tête sur le côté mais quand il entendit un affreux bruit venant de ses épaules, il se résigna a rester immobile.

« Sans vous, ma tête roulerait à vos pieds, à présent…”
Assis aux cotés de Scryde, le Phantom Ranger commença tranquillement à trier les flèches qu’il avait récupérées. Il fabriquait ses flèches lui même, et les considéraient comme des trésors rares. Après avoir trié celles qui étaient réutilisables, qui avaient besoin de réparation et celles qui devaient être jetées, il les replaça dans son carquois.
« Dois-je alors continuer la chasse ? »

Chapitre IV : L’Age de Splendeur – Martien (1)

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A l’origine, Dion n’était pas un domaine riche. Il n’y avait pas d’étendues de terres cultivées. A l’exception de la Mandragore, il n’y avait pas de produit local unique. Les Mandragores était essentiellement achetées par les mages, les chamans, et les herboristes. Considérant le risque encouru pour les cultiver, les profits générés par les champs n’était pas très élevés. Le sang de mandragore était épandu au hasard par le Duc Byron Ashton. Le Seigneur du domaine les considérait plus comme une source de maux de tête que comme un réel atout. Etant donné que le commerce avec les domaines avoisinants et les autres pays se faisait essentiellement via le Port de Giran, il n’y avait pas beaucoup de bénéfices à espérer.

D’un point de vue humanité, le Duc Byron Ashton était un terrible échec. Certains disaient que la pire erreur qu’il ait faite, avait été de croire qu’il pourrait améliorer les finances de son château en pressant les paysans déjà pauvres comme des citrons. Les paysans se soulevèrent et se battirent rudement contre lui, armés seulement de râteaux, de houes, de faux et de fourches. A la lance, à l’épée et à la guillotine, le Duc exécuta impitoyablement les paysans révoltés. Lorsque le nombre de paysans à exploiter diminua, le Duc alla jusqu’à essayer de vendre sa propre fille au roi Amadeo Cadmus.

Vers cette époque, l’ère de chaos commença, et les gens qui rêvaient de guerre vinrent à Dion. Il s’agissait de brutes qui n’étaient loyales à aucun pays, à aucun fief. Ils se déversèrent, emplis de soif de pouvoir et d’ambitions démesurées. Il ne fallut pas longtemps avant que l’un d’entre eux décapite le Duc Byron Ashton et prenne sa place au château.
Même si un gobelin qui avait été couronné en dansant sur le trône, les paysans auraient été si heureux qu’ils se seraient embrassés et auraient pleuré de joie. Ils accueillirent le nouveau Seigneur du domaine avec enthousiasme. Cependant, que le temps de guerre eut commencé, fut fini ou suivi de l’Age de Splendeur, les poches des résidents ne se remplissaient pas durant la nuit – Dion restait le domaine pauvre où vivaient des habitants opprimés .
Le nouveau Seigneur se résolut fermement à récolter des adenas. Il commença la construction d’un bâtiment à l’allure étrange dans une section vide du village. Ensuite, il envoya des mercenaires et des soldats un peu partout afin de capturer des monstres. Enfin, la seule chose qu’il restait à faire ensuite, était d’apprivoiser ces monstres…


« Cours, Wind Rider, cours ! Plus vite, plus vite ! »

Le champ de course, parfois appelé Tératodrome, était bondé. A chaque mouvement que faisaient les monstres, la foule réagissait soit de joie, soit de dépit. Associées à des noms de dieux, connus ou pas, toute sortes de malédictions et autres bénédictions s’échappaient de leur bouche. Mais la somme d’adenas qu’ils étaient prêts à parier, donnait à Dion et ses habitants l’espoir de sortir un jour de la pauvreté héritée des générations précédentes.
« Cours ! Cours ! Cours ! Ce misérable lapin ne peut pas te rattraper ! Oui ! Oui ! Oui ! »
Le vainqueur un fois désigné, la foule se déplaçait telle une vague par gros vent. Certains tordaient et jetaient leurs tickets sans valeur, tandis que d’autres se réjouissaient et embrassaient le premier venu. Certains réprimaient leur sourire, dissimulant leur joie aux yeux des autres, et vérifiant secrètement encore et encore leur ticket.
Martien, propriétaire du magasin South Sea, était l’un de ceux qui sauta jusqu’à assommer la personne qu’il était en train d’embrasser. Il courut ensuite pour encaisser son ticket, évitant soigneusement les regards scrutateurs des autres.
« Félicitations Monsieur Martien ! »
L’administrateur de la course sourit et vérifia le ticket de Martien avec désinvolture. Le Tératodrome devait en vérité lâcher une coquette somme pour cette victoire, mais son visage d’exprimait aucun déplaisir. Non pas qu’elle fut indifférente au fait que son organisation perde de l’argent, mais les profits générés par la course de monstre étaient bien assez conséquents pour pouvoir traiter les gains de Martien comme une perte mineure.

« Mes yeux ont croisé ceux de la licorne dans les paddocks et mon cœur s’est presque arrêté de battre ! »
_Vraiment ? Pourquoi ? »
_Parce que ses yeux ressemblaient à ceux de ma mère. »
Elle eut un rire sonore et l’expression de son visage semblait dire « Comme c’est ridicule. » Elle lui tendit un sac assez volumineux de pièces d’or.
« Après déduction des taxes, votre prix s’élève à 328.000 adenas. Contrôler la somme s’il vous plaît, et signez ici. »
Comme il ne tendait pas la main précipitamment pour prendre le sac, elle lui lança un regard perplexe. Martien fit deux pas en arrière et regarda le tableau des courses d’un air rêveur. Un instant plus tard, il parla à nouveau à l’organisatrice, la voix pleine d’excitation.
« Regardez ! »
Il leva un doigt et pointa le panneau d’affichage bien qu’elle ne put le voir de là où elle était assise. « Il est dit là-dessus que la cote de la course suivante est multipliée par 204. Ça veut dire quoi ? Ma mère – enfin, je veux dire, Wind Rider participe à cette course n’est-ce pas ? »
Tandis qu’elle classait les tickets par paquets, elle répondit brièvement, « C’est parce qu’elle va certainement perdre. »
« Quoi ? »
Une soudaine lueur dans les yeux, elle commença à parler. « Pensez-y. Il s’agit de gagner le double, n’est-ce pas ? Mais vous ne pouvez pas gagner. Cyclone Thunder, de la troisième rangée, est un très bon parti, il est très populaire depuis quelque temps. De plus, regardez les lignes deux, six, sept et huit – désolée de devoir dire ça à propos de votre mère – mais elles ont un niveau bien plus élevé que le sien. Je pense que quelqu’un a fait une erreur en incluant une telle fainéante. Je ne devrais pas dire ça, mais ses chances de gagner cette course ne sont…  » Elle utilisa son pouce et son index pour expliquer à Martien, « même pas d’autant. »

Martien, dont le visage devenait de plus en plus rouge, rétorqua d’une voix emplie de colère. « Hey ! Vous n’avez pas le droit de parler de ma mère comme ça ! »
« Pourquoi élevez-vous la voix ? Je ne faisais que répéter ce que les gens disent. Calmez-vous s’il vous plaît Monsieur Martien. »
Disant cela, elle se remit à trier calmement ses tickets.
« Rien ne dit qu’elle doit perdre tout le temps. Aujourd’hui, elle a l’air en forme. Quand j’ai vu ses yeux tout à l’heure, ils brillaient d’une volonté ferme de gagner, quoiqu’il advienne ! Je crois que sa performance dans la prochaine course va nous surprendre ! »
_Quel est l’intérêt de déchiffrer les yeux d’une larve de fourmi ? Monsieur Martien, vous êtes Humain, non ? »
_Silence ! Vos absurdités ont rendu les choses claires pour moi ! J’ai décidé qu’aujourd’hui serai un jour spécial pour moi, celui qui va bouleverser toute ma vie ! »

Pendant un moment, Martien regarda le ciel au dessus des pistes. Telles des bulles dans un égouts, les nuages commençaient à se rassembler, bloquant le soleil. Lorsque le vent commença à souffler dans la forêt qui entourait le Teratodrome, des brins d’herbes voletèrent dans une douce et calme brise. Durant un bref instant, complètement isolé, même des bruits du teratodrome, Martien fut saisi de la sensation qu’il était en train de fixer directement quelque chose d’absolument immuable. Martien décida que plus tard, le jour où il regarderait en arrière vers cet instant, il l’appellerait « Instant de Révélation ».

Chapitre V : L’Age de Splendeur – Scride

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« Ca fait trente ans que je fais ça. Ce sera fait en un rien de temps. Une fois que vous avez préparé le client, vous le piquez plusieurs fois avec une aiguille, et puis c’est bon. De toutes façons, le vrai problème c’est que… »
Le tatoueur s’assit sur un tabouret, sortit une pipe de sa poche et la porta à la bouche. D’un geste tranquille, il entassa des feuilles de tabac dans sa pipe et l’alluma à l’aide de cendres. Tirant sur sa pipe, une fumée bleutée s’échappa de ses narines. Dans la pièce sombre, la fumée s’éleva lentement vers le plafond, dansant et dessinant de petits serpentins.
« Vous vous êtes disloqué l’épaule droite et la clavicule. Deux ou trois côtes ont l’air d’être cassées aussi. Ah et votre bassin est aussi fêlé. Même quand ils seront complètement guéris, vous sentirez des douleurs par temps humide. »
La mèche de la lampe fit un bruit de crépitement. Dehors, un bruit sourd et puissant émanait du ciel. Rapidement, il se mit à pleuviner dans la nuit. A l’intérieur, la pièce sombra dans un silence absolu.

Scride laissa échapper sa réponse après un petit temps.
« Vous parlez comme un médecin. »
Tout en continuant de mordiller sa pipe, le tatoueur mélangea des teintures magiques dans une fiole. Une fois que les liquides doré et argenté furent mélangés, la mixture devint transparente. Il laissa tomber une teinture rouge sang dans le liquide, ce dernier se mit à briller d’un vif éclat. Le liquide devint violet, indigo et finalement, noir. Le tatoueur pris la fiole des mains, la tint comme s’il s’agissait d’une bouteille de la meilleure des liqueurs, puis la secoua vivement. Le liquide devint à nouveau transparent.
« Les capacités du corps humain sont limitées. Il faut sacrifier une aptitude pour en obtenir une autre. L’essence d’un Symbole est l’équilibre – sans détruire votre corps. Vous devez augmenter une aptitude tout en minimisant les effets secondaires qui sont toujours générés par un tel processus. C’est la technique de création de Symbole, qui est la partie la plus importante du travail. Seuls les novices essaient de créer un force plus grande ou une vitesse plus rapide, sans prendre en considération tout le reste. Ces gens-là finissent généralement empreint d’un Symbole de Mort. »
Le tatoueur s’arrêta un instant et inhala sa fumée profondément. Soufflant par les narines et la bouche, il se remit à parler.
« Ce que vous devez savoir, c’est que de nos jours, nous sommes à peu près deux à trois niveaux au-dessus de la plupart des médecins. Parce que nous avons une compréhension très précise du fonctionnement du corps humains et des principes qui le sous-tendent.  »
Scride se leva de la table sur laquelle il était allongé. Comme la table était typiquement utilisée pour faire des Symboles, elle était complètement usée, avait des taches de toutes les couleurs et sentait mauvais.
« Je comprends bien que vous êtes une personne compétente. » Scride fit un effort pour boutonner sa chemise de sa seule main droite, puis abandonna.
« Mais qu’essayez-vous de me dire ? »
_Vous êtes dans un sale état. Bien que vous soyez un Orc ressemblant à un Elfe Noir, je ne peux garantir votre guérison que si vous acceptez de vous reposer au moins deux semaines. »

Scride eut une attitude étrange, que des termes Elfe Noir ou Humain n’aurait pu décrire. Était-ce parce qu’il avait vécu en territoire humain, tué des humains, tout en servant un Seigneur humain? Scride hocha la tête et sourit. Il allait dire quelque chose quand il entendit le bruit d’un strider grognant non loin de là. Dehors, quelqu’un mettait pied à terre et se dirigeait vers eux. Esen regarda le Tatoueur comme pour vérifier sa réaction.
« Je n’ai pas de client ayant rendez-vous à cette heure-ci. »

Le mystérieux visiteur retira son chapeau trempé par la pluie ainsi que son imperméable et regarda de haut en bas le bâtiment dans lequel se trouvaient Scride, Esen et le Tatoueur. Il avait l’air de ce demander si c’était bien l’endroit où il devait se rendre. Il se dirigea vers le bâtiment.
Remarquant que le visiteur était un homme de la race Humaine, il en conclut qu’il n’était pas venu pour les attaquer. Il lança à nouveau un regard au Tatoueur qui hochait la tête avec irritation, sa pipe toujours en bouche. Esen ouvrit la porte au visiteur avant même qu’il ait frappé, le prenant par surprise. Il leva la main d’un air embarrassé et s’avança comme s’il avait été un vagabond rentrant chez lui. Bien que ses traits parussent tirés, de sa démarche transpirait un air de férocité. Sa peau était relativement pâle, mais il était difficile de deviner son âge à cause d’une multitude de rides et de cicatrices lui traversant le visage. Se tenant derrière lui, Esen le sentit extrêmement sur ses gardes.

« Avez-vous fermé la porte ? » Grommela le Tatoueur.
Le visiteur fit semblant de ne pas comprendre et tourna la tête vers la porte par laquelle il venait juste d’entrer. Lorsqu’Esen poussa la porte du bout du pied, elle se ferma à grand bruit. Quand leurs yeux se croisèrent, le visiteur eût un rictus et haussa les épaules. Esen regarda son arc puis frissonna dans un coin de la pièce.
Le visiteur parla à l’employeur d’Esen. « Êtes-vous Scride, le Chevalier de Pavel ? »
Le maître de maison eût l’air offensé d’être si ouvertement ignoré. Scride montra aussi du mécontentement en réalisant que tout le monde semblait déjà le connaître.
« Qui êtes-vous ? »
_Oh super ! Je n’étais pas sûr. Vous venez de loin hein ? Vous êtes très différent d’un autre Elfe Noir que je connais, qui est un cas totalement désespéré. »
_Encore une fois, qui êtes-vous ? »

L’air de la pièce sembla devenir de glace. Esen était partagé entre l’envie de prendre son arc ou celle de dégainer sa dague de sa ceinture. En même temps, il suspectait le visiteur de cacher quelque chose dans son imperméable. Cependant, rien ne se passa.

« Très bien messire. Votre serviteur s’appelle Gustin. Mon maître est une personne très noble, mais je dois juste faire quelques simples commissions. Mon maître a dit qu’il était très reconnaissant du soutien loyal et de la coopération que votre Seigneur lui a apportés et m’envoie vous offrir un peu d’aide. Hé hé hé ! »
Il était clair que son discours était empli de sarcasme. Scride parla sans ciller.
« Je n’ai besoin de l’aide d’aucun serviteur, ou quoique vous soyiez. Je ne sais pas qui est votre maître, mais dites ce que vous avez à dire puis allez-vous en. »
Gustin serra les dents. Esen ressentit un peu de sympathie pour lui. Si un Orc avait reçu une telle rebuffade, une bagarre s’en serait suivie et n’aurait eu de cesse que lorsqu’un seul serait resté debout. Seul un Humain pouvait supporter une telle insulte jusqu’à un tel point.
« J’ai entendu dire que la femme que vous pourchassez s’est rendue au Manoir de l’Eau. »
_Pourquoi devrais-je vous croire ? »
_Il n’y a aucune raison de ne pas me croire. »
Scride scruta l’humain pendant un moment. Certains disent que les yeux sont le miroir de l’âme, mais les pupilles de Scride ressemblaient à des puits sans fond.
« Votre maître est-il le Témoin des Prophéties ? »
_Ça par exemple ! » Faisant claquer sa langue, Gustin tourna son regard sur le Tatoueur. « Tu m’as dévoilé. Ceci dit, tu n’aurais pas dû le dire tout haut. Grâce à toi, plus personne ne se fera tatouer de Symbole à Giran pendant un moment. Mon maître m’a ordonné d’exécuter les gens comme toi qui répandent ces coutumes païennes. »
La lame d’une épée d’un reflet bleuté, apparu soudainement de l’imperméable du visiteur. Un torrent inattendu de jurons sortit de la bouche du Tatoueur alors qu’il ramassait l’aiguille à Symbole la plus large qui lui soit accessible au sol.
« Espèce de bâtard de Bishop ! Veux-tu que je te taille un Symbole au cœur ? »
Gustin sourit calmement,d’un rictus devoilant ses dents.
« Les deux bras coupés, je me demande comment tu t’y prendrais. »
Sans savoir trop pourquoi, Esen sentit qu’il devait aider le Tatoueur. En même temps, il n’était qu’une seconde main et ne pouvait dire ce qu’il y avait dans la tête de son employeur. Scride usa de son bras valide pour soulever le tabouret à trois pieds et le lancer à la tête de Gustin dans un grand fracas.
« Que faites-vous ! » Hurla Gustin de rage. « Ceci ne vous concerne pas ! »
_Je n’aime pas ton maître. » Regardant le front plissé de Scride et l’air inquiet du Tatoueur, Esen sut que le patient avait l’épaule droite à nouveau disloquée.
« Je n’aime pas la manière dont vous vous comportez tous les deux. » dit-il d’une voix dépourvue d’émotion.
Du sang afflua du front de Gustin, traversant l’arcade sourcilière ridée, dépassant les pommettes et atteignant la bouche. Un bruit tremblotant s’échappa de la gorge de Gustin mais il était difficile de dire s’il s’agissait d’un reniflement ou d’un ricanement.

« Les Elfes Noirs sont tous pareils. Vous ne pouvez pas vous en empêcher. Même quand vous êtes sur le point de mourir, il faut que montriez votre tempérament ! » Gustin marmonna sinistrement. Moins qu’il ne s’adressait aux autres personnes de la pièce, Gustin se parlait en réalité à lui-même. « Mais que dirait ton maître ? Les Humains sont des créatures bien plus compliquées et fourbes. »
_Je suppose que tu n’aimes pas ton maître, » Scride se moquait de lui en riant. « Je suis sincèrement désolé pour toi. »

Étreint d’un sentiment de défaite, Gustin partit, sans avoir pu prendre la vie du Tatoueur. Plus tard, Scride reçut un autre traitement douloureux qui dura plusieurs heures. Ensuite, il demanda à Esen de partir pour Innadril. Gustin allait probablement vouloir satisfaire son désir de vengeance. Esen pensa que si le sombre Humain avait été témoin du supplice du traitement de Scride, même lui n’en aurait ressenti aucune joie.

Chapitre VI : L’Age de Splendeur – Martien (2)

f

Un chat bondissait sur un loup. Cela s’est passé en rêve mais aussi en vrai. Tel un clown de cirque, le chat faisait un saut périlleux dans les airs et atterrissait sur le dos du loup. Le loup grognait bruyamment et se retournait sur le chat. Une guêpe, témoin de ce qui se passait, dansait librement, dessinant des huit dans le soleil. La créature des ténèbres courait vers la ligne d’arrivée, suivie de près d’une licorne. Un peu plus loin derrière, un petit lapin blanc et une étrange poupée mécanique avec une horloge enchâssée dans son ventre leur courait après.
« N’en manque-t-il pas un ? »
Du côté des lignes de départ, une chenille recouverte de poussière avançait en se tortillant. Dans l’après-midi, les cigales se mirent à striduler bruyamment, comme pour encourager la chenille.

« Arrêtez ! » Cria quelqu’un tout en lançant une bouteille en verre qui cogna Martien à la tête et rebondit vers la piste de course, atterrissant sur le dos de la chenille. Celle-ci se pelotonna sur elle-même et roula vers la ligne voisine, ce qui, tout bien considéré, était probablement une meilleure tactique.

« Hé Frère ! Tu vas bien ? »
_Allez ! Allez ! En première ligne ! Tu peux le faire, Wind Rider ! Vas-y ! Vas-y ! »
En tête de course, la licorne et la créature des ténèbres se battaient fougueusement pour la première place. Immaculée comme de la neige, la licorne courait comme une forcenée. Les deux bêtes coururent côte à côte pendant un moment. Lentement, la licorne gagna du terrain sur la créature des ténèbres.
La chenille continuait de rouler sur la piste dans sa forme circulaire, jusqu’à ce que l’unique roue de la poupée mécanique lui passe dessus. La poupée tomba en avant et la flamme de la torche qu’elle tenait enflamma la mèche attachée à sa tête.

Tic, tic, tic… BOUM !

La poupée explosa, projetant sa roue dans la foule de spectateurs. Des parties du corps de la poupée volèrent dans le panneau décoratif planté au-dessus du portail principal. La drôle de tête de la poupée fila au-delà de la ligne d’arrivée avec fracas, déconcentrant l’attention de la foule déjà bien perplexe.
Tous les yeux convergèrent sur un autre objet sphérique qui volait à travers les pistes de courses. La chenille fonçait devant la licorne telle une orbe cauchemardesque en train d’accomplir quelque folle et malheureuse mission.
Le soleil brilla sur la blanche licorne, qui fonçait à toute allure comme si elle pourchassait quelque chose longtemps oublié. La créature des ténèbres, autrefois prédateur féroce, plus habitué à déchirer le voile qui sépare ce monde de celui des esprits, continuait de chasser pour le simple plaisir de capturer sa proie présumée, la licorne.

« Saute-lui dessus maintenant ? Non pas maintenant. Juste un peu plus près… »
_Premier arrivé : ligne cinq, Over the Top ! Second arrivé : ligne quatre, Wind Rider ! »
Un incroyable tumulte de cris de victoire, jurons et lamentations se concentra pour générer un émoi qui sembla secouer tout Dion. Les tickets chiffonnés jetés par les spectateurs voltigeaient çà et là au-dessus des pistes comme des confettis. Quelques loups rôdant autour tressaillirent au bruit et s’enfuirent avec agitation.
La foule, compacte, se bousculait sauvagement, faisant trembler la barrière de bois qui séparait la zone des spectateurs des pistes de courses. La barrière finit par céder. Quelques malchanceux furent ensevelis par les débris et piétinés, tandis que le reste de la foule disparaissait de vue. Quelques spectateurs foncèrent sur les monstres et leurs propriétaires, mais furent vite maîtrisés par les mercenaires engagés par le Teratodrome.

Embrassant, serrant dans ses bras, dansant avec le premier venu, Martien brûlait d’une ferveur religieuse telle qu’il aurait pu se convertir en un instant au clergé. Il était profondément reconnaissant envers celui qui avait porté à son attention cet Instant de Révélation.
Il décida alors qu’à partir de ce jour, il réaliserait des actes de charité dans le but de devenir un membre honorable de la communauté. Il serait de même généreux avec ses subordonnés qui souffraient depuis longtemps de difficultés financières. « J’obtiendrai un clan hall confortable et je leur achèterai des armes de bonne qualité ! » Se promit-il.

De l’autre côté des pistes, il vit une naine près des bureaux du teratodrome qui échappait aux mercenaires qui essayaient de la retenir. Elle pointa la ligne d’arrivée, se plaignant de quelque chose. Enfin, il était compréhensible que quelqu’un finisse fâché, étant donné que le résultat était totalement inattendu de tout le monde.

Un peu plus tard, les juges se rassemblèrent autour de la naine, et au bout du compte, même les officiers les plus gradés furent appelés à la discussion. Se rapprochant les uns des autres, ils hochèrent la tête et discutèrent pendant un moment. Ils semblèrent finalement être arrivés à un consensus.
« Attention ! Nous avons une déclaration à vous faire ! » Un administrateur de course se tint au centre des pistes et cria d’une voix tonitruante. « Nous avons corrigé l’erreur commise lorsque nous avons annoncé le gagnant de la 12ème course. »

Le silence sembla régner sur le monde entier.

« Le premier arrivé est la ligne numéro un, Light my Fire ! Le second arrivé était la ligne numéro cinq, Over the Top ! »
_Maître, les mercenaires ont tous été tués. »
_Selon les règles de Courses de Monstres, lorsque n’importe quelle partie du corps du monstre traverse la ligne d’arrivée, ce monstre est considéré comme ayant passé la ligne d’arrivée. Dès lors, nous avons décidé que Light My Fire, dont la tête a atteint la ligne d’arrivée en premier, a gagné cette course. Nous voudrions aussi informer ceux qui ont parié sur Wind Rider, le troisième arrivé, et donc raté leur chance d’un poil, que nous vous donnerons un ticket de loterie pour vous prouver notre bonne volonté. Le gagnant de cette loterie sera tiré au sort demain. »
_… Je suppose qu’ils n’ont pas attrapé cette femme.
_… Je suis ruiné. »
_Pourquoi voudriez-vous déchiffrer les yeux d’une larve de fourmi ? N’êtes-vous pas Humain ? »

Triant ses tickets, l’administrateur de la course ne semblait s’adresser à personne.

« Laissez-moi vous donner un ticket de loterie comme lot de consolation. Vous l’avez raté de si peu ! » Dit la Naine tout en soulevant la tête détruite de la poupée.
« Venez par ici Monsieur. C’est très drôle. »

Dans la pièce VIP au tapis rouge située d’un côté du Colisée, Sir Athebalt et ses gardes dansaient comme des orcs maladroits. Lorsque ses yeux rencontrèrent ceux de Martien, il voltigea en l’air et balança sa taille tout en dessinant la forme d’un huit.

« Eh, voudriez-vous rencontrer un ange ? » Demanda-t-il au-dessus de la tête de Martien.

« Tout ça c’est de votre faute, » dit la licorne d’un air triste. « Pourquoi n’êtes-vous pas devenu un ange comme je vous l’avais dit ? Quand vous étiez jeune, vous étiez un enfant si angélique ! »

« Pour devenir un ange, vous devez vous entraîner trois ans dans le Hall d’Entrainement de Cedric, trois autres années à la Tour d’Ivoire et ensuite encore trois ans au village des Serviteur. Après avoir réalisé tout ça, vous devez encore gagner aux échecs contre Hardin ! Et cela coûte aussi beaucoup d’argent ! »

Martien aurait voulu s’abandonner à courir dans la direction opposée au soleil. Tandis qu’il pensait à vouloir courir et courir, il réalisa soudain qu’il était déjà en train de courir et de hurler comme un animal fou. La foule, surprise, se poussa précipitamment de son chemin, jurant et lui criant dessus. « Ouch ! » Gémit d’une voix quelque peu séduisante une jeune Elfe Noire que Martien venait de bousculer. Une expression perplexe sur le visage, elle se tint là un instant et regarda autour d’elle. « Miss Leirynn ! Miss Leirynn ! Où êtes-vous ? »

« El ! El ! Je t’avais pourtant dit de ne pas te promener toute seule, non ? C’est très peuplé ici. Tu peux facilement avoir des problèmes et que feras-tu ensuite ? Un endroit comme celui-ci attire beaucoup de gens bizarres. »

Bien que quelqu’un ressemblant à la jeune compagne de l’Elfe Noire se montrait à quelque pas de là, la jeune femme n’ouvrit pas les yeux et continua de s’accrocher à sa cane imperturbablement.

« Oui, la personne devant moi agit bizarrement. Je pense qu’il est devenu fou après avoir perdu son argent. »

_Tu ne devrais pas parler comme ça d’une personne qui se trouve juste devant toi ! » La compagne de la jeune femme était une guerrière qui avait l’air ordinaire. Elle portait une armure légère, ainsi qu’une épée. Elle regarda Martien de haut en bas et ajouta, « Il a vraiment l’air d’avoir perdu la tête. »
_Ah ? Vraiment ? »

Quelque chose explosa dans la tête de Martien. C’était un terrible cauchemar. Tout en hurlant des choses horribles qui auraient bien été dans son cauchemar, il se tourna vers la fille, geignant bruyamment. Il ressentit un terrible douleur entre ses jambes, comme s’il avait été percé par une lance, et se recroquevilla en boule.
« Oh wouaw, ça doit faire mal. »
La fille et sa compagne regardèrent Martien qui était en train de se tordre par terre. « Il a été touché par le Bâton de l’Esprit du Mal ! S’il ne peut plus jamais jouer le rôle d’un homme, en prendras-tu la responsabilité ? Nous t’avions prévenue de ne pas faire d’ennuis ! »
_Quand quelqu’un vous attaque, il devrait s’attendre à une contre-attaque. Vous n’êtes pas d’accord ? »
_Quelle sorte d’ignorance est-ce donc ? Tu es plus âgée que moi. N’éprouves-tu même pas une once de sympathie ? »
_Et vous ? Si vous éprouvez tant de sympathie, pourquoi ne faites-vous pas un geste pour m’aider à me relever ? Je suis là, au sol, et j’ai mal ! » Les mots se bousculaient dans sa bouche, sortant dans un grognement étouffé. La compagne posa les mains sur les hanches, et regarda alternativement la fille et Martien d’un air perplexe. Puis, soupirant, elle leur tourna le dos, à tous les deux.
« Retournons. Notre capitaine doit s’inquiéter pour nous. »

La fille sembla hésitante, regardant à droite et à gauche. Puis elle souleva son baton assez imposant. Martien, qui était toujours assis au sol, tressaillit à son geste et rapprocha précipitamment ses jambes. La fille se mit sur un genou et tâtonna prudemment le sol autour d’elle. Sa main toucha le pied de Martien.
« Eh ! Que faites-vous ? »
_Je suis désolée pour tout. Je croyais que vous alliez m’attaquer. Avez-vous toujours mal ? » La fille pencha la tête d’un air sérieux vers lui et ajouta après coup, « Qu’allez-vous faire si votre masculinité ne fonctionne plus ? »
Dépourvus de mots, Martien ouvrit puis ferma la bouche sans sortir un mot. Il lui apparu soudain que la fille était aveugle. Elle secouait le bout de son pied avec un air inquiet.
« Êtes-vous méchamment touché ? Si vous n’avez pas perdu conscience, répondez-moi s’il vous plaît ! »
_Ah, je… ah, ok… plus bas. »
Elle eut un profond soupir de soulagement.
« Est-ce vraiment un Elfe Noire ? Pour une Elfe Noire, elle dispose d’étonnamment beaucoup d’expressions. » A peine avait-il pensé ça, que Martien remarqua son expression s’assombrir.

« Quelque chose de terrible a du vous arriver. Mais il est dangereux d’attaquer quelqu’un comme vous l’avez fait. » Il pensa que la fille allait le réprimander d’avoir essayé de frapper une aveugle. Mais ce n’était pas ça. « Pour ce que vous en savez, j’aurais pu être un meurtrier adorant tuer les humains juste pour le sport. Et si ça avait été le cas, vos membres serait éparpillés autour et votre cœur serait en train de sautiller par là-bas. »
Son imagination lui rappela des illustrations sorties de quelque conte de fée sanglant. Martien hocha la tête, regrettant son comportement irrationnel. Il essaya d’expliquer pourquoi il avait couru à travers le teratodrome avec une telle frénésie. Martien était terriblement embarrassé. Si la fille n’avait pas été en train de le tenir fermement sur ses pieds, il savait qu’il se serait remis à courir en hurlant de nouveau.
Après avoir écouté son histoire, la fille tomba dans un état contemplatif. Fouillant dans sa chemise, elle sortir un bout de papier. Martien fut distrait par la poitrine opulente de l’Elfe Noire. Il regarda vivement son visage, puis regarda ailleurs, se rappelant qu’elle était aveugle. Il la regarda à nouveau, mais fut déçu qu’elle ait déjà réajusté ses habits.
La fille le tapota pour trouver sa main, et tout en glissant le papier dans sa main, « Tenez, prenez ceci. »


Après s’être réveillé de son sommeil, Martien déplia prudemment le morceau de papier qu’il tenait. La surface de la route était irrégulière, faisait trembler le wagon librement. Craignant de perdre le papier, il le tint des deux mains.
« Frère, serais-tu encore en train de le regarder ? »
_Oui. »
Son compagnon laissa échapper un soupir et tourna son regard sur la fenêtre du cocher. Son esprit était troublé par les soixante millions d’adenas qui s’étaient évaporés grâce à la sottise malveillante des dieux.
« Sir Gustaf Athebald a dit que si vous échouiez encore cette fois, il vous ferait rencontrer un ange. Vous devez vous sentir comme moi, n’est-ce pas frère ? »
_Oui. »

Ce que Martien avait reçu de la fille était un ticket nommant correctement le nom du vainqueur de la 12ème course de cauchemar. Inscrit sur le papier, un montant qui devait être l’équivalent d’un mois de salaire pour la jeune aveugle. Elle lui avait donné ce papier pour se faire pardonner de lui avoir infligé une blessure dont elle croyait, à tort, qu’elle allait l’empêcher d’exercer sa virilité. Puis elle était partie précipitamment. Ayant raté l’occasion de s’expliquer, Martien se sentit un peu coupable en pensant qu’il avait vendu son identité sexuelle pour de l’argent. Mais était-ce vraiment ce qui le tracassait ?
Le wagon filait à toute allure vers la capitale Aden. Alors que les bribes de leur conversation avaient presque disparu de son esprit, Martien ouvrit soudainement la bouche.

« Si une déesse apparaissait soudain devant toi, elle pourrait prendre la forme d’une telle chose. »
_Quoi ? » La voix de son camarade exprimait clairement son irritation à propos de cette discussion ridicule.
« C’est aveugle, impitoyable et sévère, mais aussi rempli de bonnes intentions. »
_C’est certainement une manière philosophique de voir la chose, n’est-ce pas ? »
L’homme de Martien croisa les bras, et carra ses épaules sur le dossier de son siège.
Grâce au cocher qui avait usé de la moindre once d’énergie et de compétence, ils avaient déjà dépassé la tour blanche des mages. « Oh ! » s’exclama l’homme qui regardait à travers la fenêtre. Un gigantesque pilier gris apparut à l’horizon. Le sommet du pilier disparaissait dans les nuages, invisible. Dans le passé, c’était un pont qui reliait les cieux à la terre. Mais il y avait longtemps qu’il avait été coupé.

« Frère, voici la Tour d’Insolence. »

Chapitre VII : L’Age de Splendeur – Aria (2)

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« Va et rapporte que nous avons retrouvé la femme. »
Shadow Fang avait tué tous les mercenaires qui recherchaient la Sainte Arche. Six jour après qu’Aria FirstMatter eut disparu des rues de Giran, elle réapparut à nouveau à Innadril. Sir Gustaf Athebaldt, Chevalier du Royaume d’Aden et chef de la célèbre famille Athebaldt, avait engagé des troupes de mercenaires pour la retrouver. Il trouvèrent une Elfe Noire correspondant à sa description à Heine.
« Vous êtes sûr ? »
_Oui. Lorsque je l’ai vue la dernière fois, elle avait les cheveux attachés à l’arrière. Elle avait l’air de n’avoir rien à faire du monde. »
La brise océanique et le soleil du sud devaient avoir relâché la vigilance de l’Abyss Walker, qui était supposé être la plus puissante aux alentours. Elle se promenait dans les rues au milieu des objets exotiques et de jouets innovants fabriqués par les nains de leurs mains agiles. Lorsqu’elle pénétra une zone plus extravagante, elle se courba respectueusement devant les vitrines. Pendant ce temps, plusieurs avaient rejoint la troupe des poursuivants.

« N’avons-nous pas assez de renforts comme ça ? Pourquoi ne l’attrapons-nous pas maintenant ? Si nous attendons plus longtemps, d’autres pourraient s’approcher. »

Trouva-t-elle quelque chose qui lui plaisait dans la vitrine ? Tandis que ses poursuivants hésitaient, Aria s’arrêta un instant devant un magasin de tissus au bord du canal, puis disparut dans le magasin. Trois ou quatre mercenaires entrèrent à sa suite, prétendant être des clients.
Le magasin offrait des armures et divers types d’équipement pour les aventuriers, en plus de magnifiques vêtements pour dames et gentilshommes plus classes. Les deux types de clients n’étaient pas toujours clairement reconnaissables. Par exemple, on pouvait souvent observer les fils et filles de riches familles marchandes admirant des armures brillantes, ou bien des femmes de guerriers captivées par des robes en satin. L’intérieur du magasin était plus bruyant que ce qu’avaient imaginé les mercenaires. Ils furent pris au dépourvu par le nombre étonnamment grand de clients qui se trouvaient dans le magasin.

« Où est l’Elfe Noire qui vient juste d’entrer ? »

L’un des mercenaires attrapa le propriétaire du magasin à la gorge. L’Elfe, pas du tout effrayé, fit calmement un geste vers trois Elfes Noires, qui renvoyèrent un regard furieux. Aria FirstMatter n’était pas parmi elles.
Un des mercenaires envoya un signal, et plusieurs d’entre eux pénétrèrent le magasin en une fois. Quelques clients crièrent, tandis que d’autres se renfrognèrent d’irritation. Les mercenaires furent quelque peu dissuadés en réalisant que certains des clients portaient des objets solides qui auraient pu être utilisé comme armes contre ceux qui venaient de déranger leur shopping. Cependant, les clients ne les attaquèrent pas. Très clairement, leur plaisir de faire du shopping était ruiné pour la journée, alors ils avaient l’air de réprimer leur irritation autant que possible.

« Y’a-t-il une porte à l’arrière ? »

Poussant de côté quelques boites empilées à l’intérieur du magasin, quelques mercenaires trouvèrent une porte à l’arrière et sortirent. Des mouettes s’envolaient dans le ciel tandis que les gondoles glissaient tranquillement sur le flot calme du canal. De nobles dames, vêtues de blanc, protégeaient leur tête avec des parasols, profitant de promenades gracieuses, et ignorant ou se désintéressant des activités des mercenaires.

Un mercenaire traversa le magasin, s’approcha des cabines d’essayage, et tira violemment l’un des rideaux. Debout à l’intérieur, se tenait une jeune femme terrifiée, sur le point d’éclater en sanglots. Les autres mercenaires tirèrent le second et le troisième rideau des cabines d’essayage.
Au moment où ils tirèrent le second rideau, un cri strident déchira les tympans de toutes les personnes dans le magasin. Une minuscule Naine tremblante se débattait pour couvrir son corps presque nu avec une tunique. Lorsqu’ils regardèrent dans la troisième cabine, ils se figèrent comme une grenouille devant un serpent. Un gigantesque Orc se tenait là, nu, les regardant d’un air furieux. Sur l’étagère se trouvait une pile de vêtements usés et une paire de gants de fer.
Le malheureux mercenaire qui avait tiré le rideau, fixa les impressionnants muscles abdominaux et l’énorme poitrine verte recouverte de cicatrices. Il aurait mieux fait de stopper son regard là, mais le mercenaire continua de regarder vers le bas. Lorsqu’il réussit enfin à remonter les yeux, ils croisèrent ceux de l’Orc. Il voulut s’excuser mais au lieu de ça, ses lèvres se tordirent dans un rictus ridicule. Il essaya de refermer le rideau qu’il tenait toujours, mais celui-ci tomba d’un coup au sol.

« Euh, Sire. Je crois qu’il y a eu un terrible malentendu. » La langue du mercenaire le trahissait. Le tatouage dessiné sur le crâne de l’Orc se froissa en un étrange de motif. Les poings verts, plus gros que la tête d’un enfant, se serrèrent devant les yeux du mercenaire, tandis que l’Orc émettait un son inquiétant.


« Ce magasin semble vraiment agité aujourd’hui. Peut-être que de nouveaux tissus sont arrivés d’Avella. Voudriez-vous y jeter un coup d’œil Madame ? » Le gondolier regardait la « Boutique d’Espen et Verona » les yeux plissés. Il semblait plus motivé à satisfaire sa propre curiosité que celle de sa cliente.

« Non, je n’aime pas les endroits peuplés, » répondit la femme. Le gondolier parut quelque peu déçu, mais comme tout habitant d’Innadril, il se mit à fredonner un air. Le vent qui soufflait sur la rivière était inhabituellement léger et rafraîchissant, et la cliente qui était soudain montée sur son bateau lui avait donné une généreuse somme. Avoir une aristocrate Elfe Noire comme client était de plus une expérience rare dont il pourrait plus tard se vanter auprès des autres gondoliers.

« Où puis-je vous emmener, Madame ? »
Aria FirstMatter lissa sa jupe, couvrit ses chevilles et leva la tête. Elle tenait un parasol qui la protégeait d’un soleil agressif. Lorsque la gondole passa sous l’un des innombrables ponts de Heine, elle referma son parasol et se passa les doigts dans les cheveux pour les brosser vers l’arrière.
Bien que tentée de rester là où ils étaient, elle pressentait que ses poursuivants était encore trop proches pour être à l’aise. Elle regarda autour et pointa un autre pont à deux blocs de là.
Aussitôt la réponse reçue, il poussa habilement sa perche, faisant ainsi avancer la gondole. Aria sentit la tension dans son corps disparaître au fur et à mesure. Elle imagina à quel point ce serait bon de pouvoir profiter de cette croisière sur le canal sans aucuns soucis.
Un peu plus tard, lorsque la gondole arriva à destination, le gondolier déposa silencieusement sa perche à sa place et attendit. Le sac d’or qu’elle lui avait lancé l’avait probablement aidé à devenir une personne plaisante et accommodante. Elle se sentait fatiguée d’être constamment pourchassée, aussi, cet égard lui était un luxe bienvenu. Aria ne se fâcha même pas lorsque Piriel Aurura se montra avec une demi-heure de retard sur leur rendez-vous.

« Ah ! Enfin ! Comment suis-je supposée vous retrouver à un endroit pareil ? »
« Tu es un Scavenger. » Répondit Aria brièvement. Après un moment, elle ajouta, « A propos, ton hurlement était excellent, comme d’habitude. »
« Le truc, c’est de mettre tout son cœur dans le cri. Une fois que tu réalises ça, même toi tu peux le faire. »
Piriel sauta du pont dans la gondole. Si le gondolier n’avait pas habilement manipulé sa perche pour équilibrer le bateau, ils se seraient pris une douche avec l’eau provenant de l’impact. Bien qu’Aria eût beaucoup de considération pour les compétences de la Naine, le caractère de cette dernière avait plutôt tendance à l’agacer.
Aria exprima son désir de faire le tour complet des canaux de la cité, et la gondole se remit en mouvement. Dès qu’ils sortirent de l’ombre des ponts, le soleil les salua d’un sourire de bienvenue. Aria déplia son parasol pour protéger sa peau à nouveau. Tandis que la gondole glissait à une allure paisible, le gondolier leur présentait plusieurs endroits tout au long du chemin.

« Tu déranges les autres en faisant ce que tu as fait. »
Tout en grognant, la Naine tira son sac à dos, qui était plus gros qu’elle-même, et le posa sur le sol de la gondole. En raison du poids, le bateau se secoua de haut en bas à nouveau.
« Je sais, tu as raison. »
La Naine commença à déballer ses provisions. Aria avait toujours été surprise par la capacité des Nains à porter des poids très lourds sur leur épaules. Sur le champ de bataille, elle avait même vu un Nain utiliser les fournitures de son sac pour équiper les soldats d’une unité avec des armures et des armes.

Chapitre 1: L’ascension des ténèbres – Les Enfants de Shilen.

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Peu après le crépuscule des Géants, les Elfs, les Orcs et les Humains se lancèrent dans une guerre sans fin pour la domination du continent. Plusieurs milliers d’entre eux moururent sur le champ de bataille. Pour la première fois les humains rencontraient un si grand niveau de destruction, se languissant du prochain monde qu’ils allaient fouler de leur pieds. De la même façon que les âmes des guerriers Orcs ayant fait preuve de bravoure sont consumées dans le feu de Paagrio, les humains eurent besoin d’un dieu leur promettant un sursît après la mort. Ils commencèrent alors à adresser leurs prières à Shilen.

Ces partisans de la mort s’autoproclamèrent Les Enfants de Shilen, et peu à peu leur influence devint importante. Les combats féroces entres les races connurent une fin tragique, alors que les humains s’élevaient victorieux des cendres de la guerre, avec les Enfants de Shilen comme une part importante de leur société.

Histoire de L’empire 1731, tiré de « L’histoire cachée d’elmoreden »

Par l’Historien Mateo de la Tour d’Ivoire

Chapitre 2: L’ascension des Ténèbres – Le réveil de Shunaiman

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Un miracle se produisit durant la cérémonie de sacre de Shunaiman, le grand empereur d’elmoreden. Une femme à trois paires d’ailes descendit des cieux entourée de flammes sacrées. D’une voix claire et limpide, elle expliqua qu’elle était Anakim, envoyée d’Einhasad, descendue sur le continent afin d’apporter la bénédiction des dieux à Shunaiman, le souverain de tous les humains. Shunaiman proclama que le culte d’Einhasad constituerait la seule et unique religion, alors que tous les autres ne pouvaient être que des sectes. Il commença ainsi une guerre sainte contre tous ceux qui vénéraient les ténèbres.

Certains refusèrent de se soumettre à la force de l’Empereur, maintenant une résistance jusqu’à la fin. Connus sous le nom d’Enfants de Shilen, ceux-ci étaient bien plus nombreux et fanatiques que l’Empereur ne le croyait. Afin d’en finir avec cette insurrection, Shunaiman accomplit des miracles à l’aide du pouvoir d’Einhasad, formant avec Anakim une armée religieuse. Ces combattants d’acier étaient soutenus par la grâce de la lumière, revêtant d’immenses pièces d’armure. Ils furent nommés les Nephilim, ce qui signifie armée de puissants anges sur terre.

Les troupes de Shilen furent à maintes reprises défaites par l’immense pouvoir des Nephilim. De nombreux partisans des ténèbres battirent en retraite jusque dans les bras de Shilen, éparpillés sur tout le territoire, et se cachant dans des temples secrets enfouis au plus profond de la terre.

Histoire de l’ Empire 1731, tiré de « L’histoire cachée d’Elmoreden »
Par l’Historien Mateo de la tour d’Ivoire.

Chapitre 3 : l’Ascension des Ténèbres – Le sceau de la connaissance

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(ndt : gnosie en français)

Alors que les menaces extérieures disparaissaient peu à peu, l’Empereur Shunaiman concentra son action à renforcer l’intérieur même de son empire. Dans les dix ans qui suivirent, le nouveau royaume devint puissant, contrôlant le continent tout entier par un développement à grande échelle et une large expansion territoriale. Des châteaux furent bâtis et des seigneurs nommés, des taxes furent instaurées et l’économie de l’empire se développa de façon régulière. A cette époque, certains prêchaient encore la religion de Shilen parmi la population. L’Empereur ordonna à ses seigneurs de les punir, mais ils furent bien incapables de chasser définitivement ces fanatiques hors du territoire. Bien que beaucoup d’entre eux moururent, il était dit que l’Empereur ne s’arrêterait pas. Suivant les connaissances des dieux d’Anakim, l’Empereur mobilisa les Nephilim et découvrit les six temples souterrains des adorateurs de Shilen.

Shunaiman appela ces sanctuaires les Catacombes, pour avoir été le dernier lieu de repos des membres du culte des ténèbres qui avaient rejeté la vénération d’Einhasad. L’armée de Shunaiman attaqua les troupes de Shilen qui avaient déjà fait face à la défaite face aux Nephilim. Cependant, la victoire finale n’était pas chose aisée à obtenir. De nouveaux ennemis apparurent, les Lilim. Les Lilim avaient été crées grâce à la magie noire de Shilen, et ils s’avérèrent insensibles aux Nephilim. Comme ils ne craignaient pas la mort, ces combattants ne connurent pas de retraite sur le champ de bataille.

Apres un combat gigantesque et destructeur, l’Empereur parvint finalement à contenir les six Catacombes, mais ses forces furent décimées dans ce but. D’innombrables cadavres de Lilim et Nephilim furent dispersés dans les temples souterrains. Sûr qu’il n’y avait plus aucune force capable de défier son autorité, Shunaiman lança un Sceau de Connaissance sur toutes les catacombes. Ce premier des sept sceaux fut appelé ainsi car il découlait du miracle accomplit grâce à la connaissance d’Anakim. Ensevelis dans les sombres souterrains, les groupes d’immortels qui suivaient Shilen commencèrent à disparaître des mémoires.

Histoire de l’ Empire 1731, tiré de « L’histoire cachée d’Elmoreden »

Par l’Historien Mateo de la Tour d’Ivoire

Chapitre 4 : L’ascension des Ténèbres – Le sceau de l’Avarice

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On dit que durant la pose du Sceau de la Connaissance, l’Empereur Shunaiman et ses partisans auraient gagné le don de voir l’avenir. Peut être était-ce un dérivé des pouvoirs d’Einhasad, ou bien de Shilen, ou bien encore un don des dieux en personne.

Peu après l’invocation du Sceau de la Connaissance, les fideles d’Einhasad eurent la vision d’un serpent noir rampant sur le sol. C’était le signe d’une inquiétante menace sur le point de devenir réalité. Les partisans de Shilen prospéraient sous le commandement de Lilith, augmentant grandement leurs forces et allant même jusqu’à remobiliser l’armée des Lilim dans les huit cités souterraines des Nécropoles. Ils exécutaient des cérémonies afin de rappeler Shilen de l’au-delà.

L’Empereur, ayant renoncé à la majorité de ses forces armées pour le contrôle des catacombes, se retrouva incapable à pousser ses citoyens dans une nouvelle guerre, pourtant de nouveau exposés à cette nouvelle menace. Un nain se présenta devant l’empereur. En tant que représentant d’une union de marchant appelée les Marchants de Mammon (ndlr : terme biblique français), il proposa de prêter des moyens au roi afin que celui-ci puisse former une nouvelle armée. L’Empereur méfiant l’interrogea sur ses réelles motivations. Le nain de Mammon expliqua que son organisation avait soutenu les Enfants de Shilen, mais que les étoiles prédisant l’avenir se trouvaient désormais changées. Ainsi, ils avaient décidé de traiter avec les forces d’Einhasad, qui avaient récemment été désignées comme les vainqueurs du conflit. Bien que ce mystérieux groupe de Nains ne semblât pas fiable, l’Empereur ne pût discerner de fausseté dans les dires de son interlocuteur. Les armes et armures qu’il offrait étaient de si bonne qualité qu’il semblait difficile de refuser l’offre. L’Empereur et les Marchands de Mammon auraient donc signé un contrat aux closes secrètes.

Peu d’archives concernant les Marchand de Mammon existent, mais on sait que ceux-ci vénèrent l’argent et prétendent que le futur de la richesse et des affaires change selon le mouvement des étoiles. Il est aussi dit qu’ils furent un jour expulsés du royaume des Nains. Etonnamment, ce groupe aurait quand même réussi à survivre jusqu’à nos jours.

L’Empereur Shunaiman devint le parrain de cette guilde. Il pût alors reformer une nouvelle armée de Nephilim et lança une attaque contre les nécropoles. Qu’il fût capable de diriger une telle guerre sainte ne fut remercié par personne d’autre qu’Anakim en personne, représentante d’Einhasad. Dans l’obscurité des souterrains, les armées de la lumière et de la mort combattirent hardiment. Le sang jaillissait dans toutes les directions, nourrissant rivières, mers, et même les cieux avec une sombre lueur rouge. La foule tremblait, mais l’Empereur pût voir qu’une nouvelle ère était sur le point de commencer. Silencieux, il attendait le bon moment.

Finalement, Lilith, la fille de Shilen, revêtue du pouvoir des ténèbres surgit, mais Anakim vint à sa rencontre pour la neutraliser. Cette jeune femme d’un blanc pur vola à travers le ciel de ses trois paires d’ailes. Mais la victoire finale de la bataille ne revint ni à Anakim ni à Lilith. L’Empereur Shunaiman lança un sort scellant à la fois les forces de la lumière et des ténèbres dans les Nécropoles, ensevelissant les forces de Shilen, avec Anakim et les Nephilim.

Ce second sceau fut nommé le Sceau de l’Avarice. On peut supposer que ce fut à cause de l’accord secret entre l’Empereur et les Marchands de Mammon.

Histoire de l’ Empire 1731, tiré de « L’histoire cachée d’Elmoreden »

Par l’Historien Mateo de la Tour d’Ivoire

Chapitre 5 : L’Ascension des ténèbres – Le Sceau de la Contestation.

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Lilith et les forces de Shilen avaient été emprisonnées sous terre par le Sceau de l’Avarice. Cependant le groupe des Enfants de Shilen était lui resté à la surface. Ceux qui rejetaient l’avènement de Shunaiman, c’est-à-dire les magiciens noirs qui vénéraient la déesse de la mort, ainsi que les tribus Elfes retournées à Eva ou qui suivaient Shilen, tous défiaient l’autorité absolue d’Einhasad. Certains arguaient même avoir reçu une révélation de la part de Lilith, mais ayant recueilli d’importants trésors, il était certains qu’ils avaient bénéficié quelque assistance.

Shunaiman contrôlait l’immense territoire de l’Empire en se servant du pouvoir Divin grâce à sa liaison avec les Reliques Sacrées. L’Empereur étendit son contrôle à des régions lointaines, montrant un pouvoir plus important que jamais. Il parla aussi à d’autres de la façon dont il communiait avec les artefacts sacrés – chose qu’il devrait regretter par la suite.

Pendant ce temps, l’Empereur ne vieillissait pas, un fait certainement lié au pouvoir des sceaux. Peut être en guise de punition des dieux pour l’arrogance de Shunaiman, les Enfants de Shilen s’emparèrent du Pont de la Mer de l’Ouest et envahirent l’Empire. En premier lieu, l’armée de Shilen semblait incapable d’attaquer les châteaux forts, mais rapidement Gludio et Dion furent prises. D’une manière ou d’une autre, les suivants de la déesse de la mort avaient eu connaissance des pouvoirs mystérieux des Artefacts Sacrés et les employaient dans leurs sièges.

Finalement, après la chute du château de Giran, l’Empereur Shunaiman prit une décision lourde de conséquences. Il invoqua la magie d’un Sceau qui devait lier le pouvoir supervisant chaque château du territoire. En conséquent, bien qu’il perdit beaucoup de son influence, les forces ennemies ne purent pas contrôler les châteaux qu’elles avaient prit. Son armée contrattaqua et reconquit les forteresses, boutant avec succès les forces de Shilen hors du royaume. Un troisième sceau fut créé, du nom de Sceau de la Contestation, qui contrôlait tous les châteaux et territoires du continent.

Histoire de l’ Empire 1731, tiré de « L’histoire cachée d’Elmoreden »

Par l’Historien Mateo de la Tour d’Ivoire

Chapitre 6 : L’ascension des ténèbres – Lilith, Fille De Shilen.

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De nombreuses théories ont été émises à propos de la naissance de Lilith, mais l’explication la plus courante est qu’elle serait un ancien oracle qui avait servit Shilen durant l’Ere des Géants. Cependant, lorsqu’elle se manifesta dans la région d’Elmoreden, elle apparut comme une Elfe à la peau couleur cendre.

Du temps de Shunaiman, elle était pour les Enfants de Shilen la neuvième fille de la déesse des ténèbres, considérée comme une figure incontournable, exerçant un contrôle militaire et religieux sur les suivants de Shilen. Dans la révélation de Kaisha, il est explique ce qui suit au sujet de Lilith.

Sur le champ de bataille des cieux devant la puissante armée des dieux en colère, les créatures de Shilen s’effondraient l’une après l’autre.
Faisant face à la défaite, Shilen créa un royaume de mort au niveau des abysses, où elle se cacha. Elle ordonna à Lilith, sa fille préférée, de rester sur terre et de préparer son retour. Shilen maudit Lilith en lui donnant la vie éternelle.

Sous la direction de Lilith, Les Enfants de Shilen érigèrent les Nécropoles et les Catacombes, formant une armée d’élite appelée les Lilims. Cette force grandit rapidement, menaçant le peuple Humain. Les conflits entre les fidèles de Shilen et les jalons de l’Empire qui voulaient les contrôler devinrent de plus en plus fréquents, dégénérant finalement en une guerre totale. Un adorateur de Shilen laissa le rapport suivant en ce qui concerne la situation d’alors.

« Apporter la mort à ceux qui s’opposent à nous. Sacrifier notre vie pour la Déesse. Quand le sang des ennemis colorera les rivières, la mer et le ciel d’un rouge sombre, la grande Shilen reviendra sur terre traversant la rivière de la mort. Puissent les compagnons de Lilith acquérir la victoire finale. »

Les Nécropoles étaient les lieux de vie des Enfants de Shilen, aussi bien en tant que temples sacrés que comme forteresses militaires. Les fidèles de Shilen étaient persuadés que, parce que les Nécropoles n’étaient ni de ce monde ni du monde souterrain, ils ne pouvaient pas vraiment mourir, même s’ils devaient être tués à cet endroit. En temps de guerre, nombre d’entre eux devinrent morts-vivants, ou furent réincarnes en Lilims. Lilith et Anakim étaient toutes deux prisonnières de la Nécropole des Disciples. Comme une relique oubliée, Lilith ouvrit de nouveaux les yeux dans l’Ere du Chaos.

Histoire de l’ Empire 1731, tiré de « L’Histoire cachée de l’Elmoreden »

Par l’Historien Mateo de la Tour d’Ivoire

Chapitre 7 : L’Ascension des Ténèbres – Anakim, Envoyée des Dieux.

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Le débat concernant la question de la véritable nature des anges était assez intense. Les prêtres humains soutenaient qu’il s’agissait des enfants d’Einhasad, la déesse de la Lumière. Les Docteurs es religion déclaraient que les anges formaient les hauts esprits de la Lumière. Dans la Révélation de Kaisha, les références suivantes sur la création des anges sont considérées comme la meilleure façon de concilier les deux partis.

Einhasad, supérieure à toute créature, envoya sa lumière sur terre et à travers les cieux. Les rayons émanant de toutes les directions possédaient leur propre volonté et formèrent des corps à l’image de leur créateur, devenant ainsi des anges. Leur éclat était si pur et intense qu’il ne pouvait appartenir à ce monde, mais parce qu’ils avaient un corps, ils ne restèrent pas dans la lumière divine. Ceux qui erraient sans but furent repris par la déesse et employés comme ses subalternes. Einhasad eût neuf autres enfants et les éleva au statut de seigneurs des anges.

La première référence à Anakim faite par le scribe de Lilith est la suivante.

« Le dernier des neuf enfants était Anakim, brillant sous la forme d’une femme à trois paires d’ailes. Einhasad considéra sa plus jeune fille comme l’incarnation de sa propre voix apportant sa volonté aux créatures de la terre. Anakim était une représentante de la lumière, entourée par les flammes des esprits, apportant la révélation.

Anakim partagea son sang avec l’Empereur Shunaiman et permit le règne des Nephilims. Elle embrassa son front lui donnant le droit de communiquer avec les puissances divines. »

Ainsi, Anakim servit la première génération d’Empereurs Humains, leur fournissant le savoir nécessaire à la création de l’armée des Nephilims. Sa présence apporta au pouvoir de Shunaiman une dimension sacrée. Pour lui, il s’agissait d’une arme aussi importante que la sainte magie.

Cependant, lorsqu’Anakim fut emprisonné avec Lilith dans la Nécropole des Disciples, l’a-t-elle pleinement accepté ? A-t-elle imploré de toutes ses forces la sauvegarde de ses enfants abandonnés ? Ou a-t-elle maudit Shunaiman de l’avoir piégée dans les ténèbres ?.

Histoire de l’ Empire 1731, tiré de « L’Histoire cache de l’Elmoreden »

Par l’Historien Mateo de la Tour d’Ivoire

Chapitre 8 : L’Ascension des Ténèbres – Les Lilims et Nephilims.

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Selon un bon nombre d’archives, les Lilims seraient des humains modifiés crées durant l’ère des géants, par l’usage de la magie noire de Shilen. La vraie nature des Lilims est similaire à celle des morts vivants. Ils ne font pas partie des morts, mais puisque ni ils ne respirent ou ne mangent, ni leurs corps ne vieillissent ou ne tombent malades, on peut difficilement les ranger aux cotés des vivants. L’extrait suivant de la révélation de Kaisha explique leur immortalité.

… Les Lilims, des soldats ayant donné leur vie pour Shilen, ne peuvent mourir, car leurs noms ont été effacés des listes de la mort. Si un Lilim venait à rendre l’âme, il retournerait aux cotés de Shilen dans l’au-delà …

Le nombre des fidèles candidats à cette réincarnation était important, mais cette opportunité ne fut pas donnée à tous. Ceux qui n’étaient pas choisis formèrent une tribu inferieure et devinrent les Liths. Les Lilims constituaient la principale force militaire qui résistait à l’armée de l’empire. Les Lith eux réparaient et entretenaient les catacombes.

Les Nephilims sont des soldats crées par le pouvoir d’Einhasad. Les vers suivant sont issus de l’histoire de l’empire écrite à cette époque.

… L’Empereur Shunaiman donna sa sainte bénédiction aux héros quotidiens avec la magie de la lumière qu’il reçut d’Anakim, messager d’Einhasad. Il créa une armée d’anges, à l’apparence digne avec leurs armures de platine et leurs ailes de lames. Ils formaient les épéistes charriant les ordres des dieux, les clercs qui étendaient la splendeur d’Einhasad …

Les Nephilims étaient l’incarnation de l’esprit de la lumière sous forme humaine. Ils furent répartis dans les rôles de fantassins, chevaliers et prêtres, ce qui correspondait aux trois catégories de Lilims. On note aussi la présence d’une tribu inferieure aux membres du nom de Gigants (Colosses), chargée d’assister les Nephilims.

Les Gigants étaient les moins forts des guerriers, ceux qui ne pouvaient devenir des Nephilims. D’ailleurs ils n’auraient pas non plus pu être chevaliers. Ils étaient les soldats ayant reçu la sainte bénédiction d’Anakim comme les blessés ou les esclaves. Les Gigants servirent les Nephilims durant la guerre sainte afin de débarrasser l’empire de ses idoles.

Les Nephilims et les Gigants perdaient leur nature propre durant leur création, ressortant avec seulement la volonté de tuer et de détruire. Le contrôle de Shunaiman sur eux était absolu. Ils constituaient une armée de soldats servant de façon infaillible l’honneur de leur souverain, afin de mater la rébellion et maintenir l’ordre dans tout l’empire.

– Tiré de “Analyse de la Révélation de Kaisha et Verset de Lilith”

Chapitre 9: L’ascension des ténèbres – Des Nécropoles et Catacombes.

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… Le style de construction des Nécropoles ressemble à une ancienne forme d’architecture largement utilisée durant les premières heures de l’Empire d’elmoreden. Les salles et couloirs de taille standard sont reliés de façon irrégulière, et semblent ainsi avoir été construits sur de nombreuses années. La structure ainsi que les fines décorations demeurent cependant en excellent état.

Bien que les Nécropoles fussent construites dans un but religieux par les fidèles de Shilen, on n’y trouve pas de sculptures ou de fresques représentant Shilen. La culture des Géants interdisait toute représentation directe des figures religieuses. A la place, de nombreuses statues de pierre sont disséminées dans toutes les pièces, figurant les gardiens du temple. Plutôt que d’avoir une fonction décorative, ils sont considérés comme des symboles de protection, ou comme un enchantement.

Aussi, quelques détails sur les tablettes d’argile extraites ici dans La Nécropole des Saints montrent bien quelle était la signification de ces constructions pour les adeptes de Shilen à cette époque.

…Cet endroit constituerait la plus sainte cathédrale pour Shilen lors de son retour au monde réel après la traversée de la rivière de la vie depuis les terres de la mort, et il serait le palais d’immortalité à partir duquel elle pourrait régner comme la reine des morts.

Les croyants qui suivaient Shilen souffraient sous le tourment des hypocrites de la lumière. Même s’ils devaient mourir là sous l’épée des membres du culte, ils pensaient qu’ils pourraient gagner la gloire de la vie immortelle, en vivant en ce lieu sous l’autorité de Shilen.
Pour les fidèles de Shilen, les Nécropoles étaient considérées comme un lieu sacré, situé entre les terres des vivants et celles des morts. Ils croyaient en la divine providence de Shilen demeurant avec eux dans les Nécropoles par delà la mort, et que la vie dans l’au delà ne serait pas différente de leur vie d’auparavant.

Les catacombes sont similaires à une forme de constructions existant mille ans avant les Nécropoles. Ironiquement, il est possible de trouver bien plus d’informations concernant l’histoire des Catacombes que celle des Nécropoles, même si elles subirent plus de dégâts. Les indices du combat qui se déroula entre les armées de l’empire et les partisans de Shilen persistent encore. L’Empereur appela ces lieux les Catacombes, comme étant le cimetière des fidèles du culte de Shilen. C’était comme s’il avait su depuis le début quelle issue sa sanglante guerre sainte allait prendre …

– Tiré du journal de voyage écrit par Dubian Etbar des Combattants de l’Aube, durant les fouilles de la Nécropole des Saints et des Catacombes du Chemin Interdit. –

Chapitre 10 : L’ascension des ténèbres – Les Pierres du Sceau.

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L’Empereur Shunaiman, qui possédait le pouvoir de contrôler les sept sceaux, était comme un dieu sur terre. Néanmoins, il savait que cet incroyable pouvoir pouvait mener le monde à sa ruine, s’il venait à être détenu par une seule et unique personne. Vers la fin de son règne, Shunaiman chercha le moyen de léguer sa faculté à ses successeurs. Au final, seuls ceux liés par le sang à l’Empereur pourraient hériter du contrôle des sceaux.

Ceci est le Secret Gardé dans la Lignée de l’Empire, auquel font référence les Combattants de l’Aube. Durant environ un millier d’années, les descendants de la famille de l’Empereur Shunaiman d’Elmoreden conservèrent leur pouvoir sur les sept sceaux, apprenant parfaitement les moyens de les utiliser.

Cependant, l’héritage de la lignée de l’Empereur s’éteignit avec l’Empereur Baium. Baium utilisa la Tour de l’Insolence afin d’absorber le pouvoir des Lilims et des Nephilims, qui étaient prisonniers dans de nombreux endroits sous terre. Mais son projet, à la fois grandiose et imprudent, fut coupé court par l’intervention de Saint Solina. La tour de l’Insolence s’effondra alors que la magie s’inversait, déversant le pouvoir du sang de Baium dans les corps des Lilims et Nephilims.

L’anéantissement de l’Empereur Baium ôta à tous les descendants de la lignée de l’Empire la capacité de contrôler les sceaux. Bientôt, il devint évident que ce pouvoir n’avait pas disparu, mais avait plutôt subsisté sous la forme de Pierres du Sceau dans les corps des Lilims et Nephilims.

Quiconque rassemblerait bon nombre des ces pierres, pourrait alors acquérir le pouvoir de contrôler les sept sceaux. Avec les nombreux documents qui furent extraits des restes de la Tour de l’Insolence, ceux qui découvrirent ce secret rassemblèrent leurs forces formant l’Armée Révolutionnaire du Crépuscule et les Seigneurs de l’Aube. Ils envoyèrent des équipes dans les Nécropoles et Catacombes, y tenant des festivals pour déterminer qui rassemblerait les plus de Pierres. Voici comment la compétition féroce entre les deux camps en vue de contrôler en premier les sceaux commença …

Histoire de l’ Empire 1731, tiré de « L’Histoire cachée de l’Elmoreden  »

Par l’Historien Mateo de la Tour d’Ivoire

Chapitre I: Les enfants du destin – Les murmures du destin.

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Quand on se repenche sur l’Ere Chaotique, on peut deviner combien nos ancêtres étaient ignorants au sujet de la grande menace sur le point de les frapper. Nous devons notre propre existence à l’apparition de valeureux héros sous la direction desquels nous fûmes menés au monde paisible d’aujourd’hui.

Bien que nous ne soyons pas sûrs des détails précis de cette époque, nous savons que de nombreux aventuriers apparurent soudainement comme appelés par le destin. Sans comprendre vraiment si c’était une manifestation divine ou réellement le fait du hasard, ces hommes et femmes courageux apprirent le secret de L’Elixir de Mimir, et déterrèrent le legs ancien des Géants, leur permettant de briser les limites de leurs propres races et d’acquérir des pouvoirs dépassant l’entendement.

Au milieu de ces événements, la noblesse surgit avec la vertu et la force de créer une nouvelle civilisation glorieuse pour nous tous. Quoiqu’il a pût se passer, l’ainsi appelé « murmure du destin » rendit possible aux nobles de dépasser leur condition naturelle et de gagner un pouvoir encore jamais imaginé …

– Les Débuts de la fin de l’Ere du Chaos
Professor Alkaid Carbeni

Chapitre 2: Les enfants du destin – L’Ere du Chaos.

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Comme le nom d’ « Ere Chaotique » le suggère, les archives concernant cette période sont, dans le meilleur des cas, des plus obscures et qui plus est, assez douteuses. Nous ne pouvons plus que compter fortement sur le bouche à oreilles et la richesse des légendes qui nous ont été transmises pour éclairer cette époque.

Bien que les origines précises de la Grande Olympiade nous sont encore inconnues, la masse d’histoires concernant le chevalier noir et la noble dame blonde qui ont ensemble appelés la noblesse nous laissent supposer qu’ils ont du jouer un rôle important dans sa mise en place.

Mais le plus important est que grâce à la Grande Olympiade, de nombreux vrais héros sont nés parmi la noblesse assemblée là, et à travers leurs capacités de commandement, le chemin d’une glorieuse ère nouvelle fut tracé.

– Les Débuts de la fin de l’Ere du Chaos
Professor Alkaid Carbeni

Chapitre 1 : Clans et cabales.

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Après que les dieux aient donnés aux humains le libre arbitre, les aventuriers n’eurent pas d’autres choix que de combattre les esprits maléfiques sans les protections divines. Ils traversèrent les âges en se regroupant en bandes tandis que d’autres se déclarèrent la guerre entre eux.

Les aventuriers s’unir pour rechercher la connaissance, par amitié ou bien parce qu’ils étaient liés par le sang. Ces groupes finirent par être connus sous le nom de clans. Certains de ces clans attaquèrent des demeures ou même des châteaux en s’alliant avec d’autres clans afin de disposer du plus de pouvoirs sur certains territoires. D’autres restèrent focalisés sur leur choix de défendre les citoyens contre le Mal et leur plus grande préoccupation était d’organiser de grandes chasses contre de gigantesques monstres qui dominaient certains lieux.

Alors que le temps passait, les deux cabales, les Révolutionnaires du Crépuscules (Revolutionaries of Dusk) et les Seigneurs de l’Aube (Lords of Dawn) recrutèrent ces clans en deux groupes principaux. Ces deux cabales prêchaient des valeurs contradictoires sur le chaos et l’ordre et réussirent à regrouper tous les révolutionnaires et tous les défenseurs de la loi en un seul endroit. De nombreux clans se joignirent à ces cabales, provocant de féroces batailles et de nombreuses inimitiés politiques entre les clans.

Le pouvoir des cabales resta actif et fort aussi longtemps qu’elles maîtrisèrent les seal stone, les Nécropoles et les Catacombes ainsi que les pouvoirs des sceaux. Mais les aventuriers se lassèrent de ces antagonismes et de ces combats. Ils commencèrent à cesser de croire aux promesses vides de sens véhiculées par les utopies de la révolution ou des législateurs.

La forte solidarité des cabales commença à s’effriter.

Chapitre 2 : L’émergence des héros

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Alors que la solidarité des cabales déclinait de plus en plus, le pouvoir des clans croissait quant à lui sans cesse. Les chefs de clan rejoignaient ou quittaient les cabales pour leur propre intérêt ou pour en tirer avantage.

Une caste de héros et une nouvelle noblesse apparue alors suscitant l’intérêt des clans. Ils étaient de puissants et excellents leaders qui comprenaient mieux les aventuriers que n’importe qui d’autre, attendu qu’ils avaient menés eux-mêmes une longue vie aventureuse.

La plupart avaient une place importante dans les cabales en raison de leurs compétences exceptionnelles et de leurs aptitudes. Certains tentèrent de changer les cabales tandis que d’autres choisirent de combattre pour les idéologies des cabales. D’autres encore souhaitaient les quitter pour trouver leurs propres buts qui allaient de défaire de puissants monstres à sauver des gens innocents d’un Seigneur tyrannique. Les héros attinrent une place proéminente parmi les clans qui devinrent extrêmement courtisés en vue d’alliances

Les chefs de clan réalisèrent alors l’importance des héros et écoutèrent attentivement leurs conseils. Les héros, en retour, eurent besoin du pouvoir des clans pour atteindre leurs buts. A l’heure actuelle, certains chefs de clans et certains héros s’entretiennent sur de nouvelles idéologies. Différentes plaintes émergèrent sur les rapports hiérarchiques parmi les alliances et le sentiment que les clans principaux brimaient les jeunes aventuriers qui les rejoignaient se fit plus intense.

Afin d’améliorer les choses, des chefs de clans d’expérience et plusieurs héros qui occupaient de hautes responsabilités au sein des cabales s’entendirent pour créer un nouveau type de clan.

Chapitre 3 : Honneur et attachement

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Ce nouveau type de clan fut testé sur le territoire d’Oren dont le pouvoir militaire était très fort. Après son succès, il fut étendu dans tous les territoires.

Cette nouvelle organisation se concentra à renforcer les clans, les encourageants à promouvoir leurs capacités en tant que force militaire majeure à travers les territoires. Ces derniers soutinrent les clans et leur organisation à travers la défense de châteaux ou la gestion de demeures de clan (Clan Hall) au sein des villes. Les dirigeants réalisèrent que cette organisation pouvait permettre d’économiser énormément d’argent sur le budget militaire alloué à la défense de chaque château. Ils virent également qu’ils pourraient obtenir une puissance militaire non négligeable en intégrant les clans à leur armée. Naturellement, ce plan fut encouragé par les clans ainsi que par les Seigneurs de chaque territoire et fut mis en œuvre très rapidement sur les territoires où les clans étaient les plus actifs.

Cette politique de développement des clans était aussi désirée par leurs membres ; s’ils travaillaient dur pour le clan, ils pouvaient obtenir richesses, gloire et approcher les aventuriers qu’ils admiraient. Les chefs de clans en profitèrent également, menant leur organisation sans se compromettre. Tous ces facteurs furent suffisants pour satisfaire les intérêts de tout le monde et cela fut même suffisamment attractif pour intéresser ceux qui n’avaient jamais songés à rejoindre un clan.

La création des académies, écoles au sein des clans, fut très satisfaisante et populaire au sein des clans qui étaient bien établis. Les clans qui voulaient établir des académies participèrent activement à la recherche de nouveaux talents à travers les territoires et se livrèrent de féroces compétitions pour s’arroger les élèves les plus doués. Dorénavant, le but de la plupart des clans est de recruter des membres pour faire la différence. Les clans confièrent rapidement l’enseignement de leurs nouvelles recrues à des instructeurs ayant une grande expérience des batailles afin d’accroitre la réputation de leur organisation.


Chapitre 4 : L’âge des clans

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Les clans continuèrent d’attirer de nouveaux membres ; ces derniers pouvaient changer d’orientation après avoir maîtrisé pleinement leur première carrière, contribuant à l’honneur de leur clan lorsqu’ils étaient reconnus durant un siège ou au cours de grandes batailles contre des créatures diaboliques. Cette reconnaissance était directement liée à leur appartenance à un clan.

Certains intellectuels avaient prédit que les clans, qui étaient autrefois de simples groupes avec des intérêts communs, allaient devenir d’énormes organisations qui privilégieraient l’ordre et l’honneur de l’organisation. Ils ont ensuite déclarés que cette nouvelle structure de clan était quasiment une entité organique qui liait les individus entre eux.

C’est dorénavant l’Ere des clans, avec de nouveaux groupes qui se forment et des clans plus anciens qui accroissent leur pouvoir et leur prestige. Leurs membres vouent tous leurs pouvoirs et leurs vies à leurs clans, acceptant de mourir pour lui et ses membres. C’est le Serment de Sang.

 

-Serment de sang
Anonyme

Chapitre 1 : l’Ere du Chaos

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Le Chaos.

Les prophètes prédisent sa venue. Les historiens relatent sont passage. Mais les seuls qui peuvent pleinement le comprendre sont ceux qui lui ont survécu… Et ils sont souvent peu nombreux et dispersés.

L’Ere du Chaos survint suite à l’érosion du pouvoir royal, vestige final de l’Empire d’Elmoreden. A chaque année qui passait, le Roi et sa cour voyaient leur sphère de contrôle diminuer. Ils pouvaient toujours influer sur les modes mais finalement, bien peu. Pas plus que les instances ecclésiastiques, quelques furent les trésors dont regorgeaient les temples. Le monde était finalement devenu trop grand, trop fragmenté, trop diversifié pour qu’un seul groupe puisse le régir. Ainsi fut la nature du Chaos qui permit cet âge.

Ce fut la bataille de Giran qui démontra finalement que le monde avait changé : même un aventurier inconnu de basse extraction pouvait aspirer, et obtenir, le pouvoir jusqu’ici réservé aux nobles. Des groupes d’aventuriers s’unir alors en clan, démontrant leur capacités à dominer les affaires régionales, particulièrement lorsqu’ils disposaient des armes d’un château.

Chapitre 2 : Protection contre les ténèbres

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Les clans devinrent nombreux, mais restait novice dans le domaine de la politique. Dans l’ombre, les cabales cherchaient à les manipuler pour faire avancer leur propre plan, répandant conflit et désordre. Comme une ombre rampant à travers une pièce sombre, le Chaos se répandit inexorablement à travers le pays. D’étranges nouveaux monstres apparurent pour répandre la destruction et réveiller les anciennes terreurs endormies.

Mais de même qu’ils se renforçaient, les clans devenaient plus sages. Ils mirent à bas l’influence des cabales et affirmèrent, consciemment et intentionnellement, leur volonté de forger les événements. Des nouveaux héros et une nouvelle noblesse gagna du pouvoir eu sein des clans leur redonnant un meilleur moral.

Après s’être parfois confronté à l’hostilité des villageois ou des citadins, les clans devinrent progressivement leurs protecteurs contre les forces des ténèbres. Alors que leurs pouvoirs augmentent, même des ennemis comme Antharas, la terreur de Giran, et Valakas, le Seigneur de Goddard, se méfient d’eux. Autrefois les sous-fifres des Seigneurs, les clans avaient supplanté leurs maîtres. L’autorité n’était plus assurée par la naissance mais par le plus méritant. Le pouvoir reposait maintenant dans les mains de ceux qui pouvaient non seulement, le prendre, mais aussi le garder. L’Histoire avait prononcée son verdict… Mais l’avait-elle vraiment fait ?

Chapitre 3 : La Réunification de Giran

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Les faits étaient que d’autres forces, agissant dans l’ombre étaient aussi de la partie. Un nouvel esprit de coopération au sein des cinq races, humains, elfes, elfes noirs, nains et orcs, commençait à se développer suite à une rencontre entre les dirigeants de ces races.

La « Réunification de Giran » eu lieu grâce aux efforts d’une mystérieuse femme en bleu, qui réuni les dirigeants entre eux et leur révéla l’existence d’une sixième race, ainsi que celle de puissantes créatures primitives qui vivaient sur une île ayant résistée à la Guerre des Dieux.

Mis devant ces nouvelles opportunités et ces potentielles menaces, les anciens commencèrent à aider secrètement les clans avec de nouvelles productions massives d’armes et en répandant habillement des informations clés.

Encore loin du résultat final, les clans commencèrent à bâtir un nouvel âge d’or, qui mélangeait le meilleur de chaque race : la sagesse des elfes, la force des orcs, l’intelligence des nains, la connaissance des elfes noirs et la versatilité des humain. Quoiqu’il en soit, la fin de cet âge d’or est un sujet qui sera traité un autre jour…